Ce jeudi 20 février 2025, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Secrétaire général du Parti Démocratique Gabonais (PDG), a tenu une conférence de presse à Akanda pour alerter sur la crise interne du parti et dénoncer des dysfonctionnements dans l’organisation de la présidentielle.
Il a pointé du doigt une tentative de « prise de contrôle illégale » par un « Directoire provisoire » autoproclamé et a fustigé les « errements du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) ». Selon lui, ces crises partagent « un dénominateur commun : l’irrespect des textes et des principes démocratiques », compromettant ainsi la stabilité politique du pays.
Une crise sans précédent au sein du PDG
Ali Akbar Onanga Y’Obegue a rappelé que le PDG traverse « l’une des crises les plus sérieuses de son existence ». Il accuse certains cadres du parti d’agir contre son unité et sa légitimité. Revenant sur l’événement du 7 mars 2024, il a qualifié l’autoproclamation du Directoire provisoire de « trahison » et de « manœuvre téléguidée », avec la complicité de forces extérieures et de « traîtres de l’intérieur ».
Il a notamment cité Ali Bongo Ondimba, qui a révélé dans Jeune Afrique que cette tentative était contraire à ses instructions. « Qui leur a donné des ordres contraires à ceux du Distingué Camarade Président ? » s’interroge-t-il, pointant l’implication possible du CTRI, qui aurait manipulé les structures du PDG tout en feignant de s’en distancer.

Le secrétaire général a dénoncé « la duplicité et l’imposition autoritaire de dirigeants illégitimes », rappelant que « le PDG n’appartient pas et n’appartiendra jamais au CTRI ». Il a réaffirmé que seuls le Président du parti et ses instances légitimes ont le pouvoir de convoquer un congrès et de désigner des responsables.
Des violations flagrantes des textes du parti
Ali Akbar Onanga Y’Obegue a souligné que le « Directoire provisoire » viole les statuts du PDG. Il a notamment cité l’article 8, stipulant que l’accession aux fonctions du parti doit se faire par élection ou nomination du Président, ainsi que l’article 14, qui impose « la défense soutenue du Parti et de son Président ».
Il a dénoncé le « prétendu congrès du 30 janvier » organisé sur la base de statuts de 2008, pourtant abrogés depuis plus de 17 ans. « Toute décision fondée sur ces anciens statuts est inexistante en droit », a-t-il tranché, appelant à des sanctions sévères à l’encontre des instigateurs.
Un processus électoral entaché d’irrégularités
Au-delà de la crise interne du PDG, le secrétaire général a dénoncé les incohérences du processus électoral sous la transition. Il a critiqué un décret imposant un compte prévisionnel de campagne, en contradiction avec l’article 377 de la loi organique n°001/2025. De plus, il a relevé une irrégularité majeure concernant le bulletin de vote : initialement adopté en Conseil des ministres comme bulletin unique, un décret ministériel du 18 février a imposé des bulletins distincts, en dehors de toute procédure légale.
« Cette supercherie est une insulte à notre intelligence collective », a-t-il déclaré, exigeant le retrait immédiat du décret et un rétablissement des règles initiales. Il a appelé le CTRI à rectifier ces erreurs pour éviter une crise post-électorale majeure.
Enfin, Maître Nkea Francis, cadre du PDG et avocat, a annoncé des poursuites contre le ministre de l’Intérieur pour « faux en écriture publique ».
« Le PDG appartient à ses militants et au peuple gabonais. Personne ne dictera son avenir à sa place », a conclu Ali Akbar Onanga Y’Obegue.

























