Libreville, le 31 janvier 2025 – La crise qui secoue le Parti démocratique gabonais (PDG) atteint un nouveau tournant avec la mise en place d’un directoire provisoire de redressement, conduit par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Arthur Benga Ndjeme, Noé Mesmin Kondodo et Sylvestre Zue Ndoutoumou. Cette initiative intervient au lendemain de la désignation de Blaise Louembe comme président du parti et d’Angélique Ngoma au poste de secrétaire général, créant ainsi une situation de bicéphalisme à la tête du PDG.
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Une prise de pouvoir jugée illégale
Dénonçant une crise institutionnelle qui perdure depuis le 7 mars 2024, les initiateurs du directoire provisoire dénoncent un « groupe d’individus [ayant] procédé à une prise de pouvoir illégale », en violation des statuts révisés du parti. « Non seulement ils ont destitué de manière arbitraire le Président du Parti, mais ils ont également introduit des postes inexistants, en contradiction totale avec nos textes fondamentaux », a déclaré Ali Akbar Onanga Y’Obegue, désormais Secrétaire général du Directoire de redressement.
Malgré plusieurs démarches légales, notamment des mises en demeure et des notifications par voie d’huissier, le directoire provisoire contesté aurait refusé de se retirer, poussant ainsi les frondeurs à prendre leurs responsabilités.
Un congrès extraordinaire jugé illégitime
Le 30 janvier 2025, un congrès extraordinaire a été convoqué par l’équipe contestée, s’appuyant sur les statuts de 2008 alors que ceux-ci ont été successivement modifiés en 2010, 2013, 2017 et 2022. Cette manœuvre a été dénoncée comme une tentative de « manipulation grossière » visant à légitimer une instance jugée illégale.

Arthur Benga Ndjeme, Secrétaire général adjoint chargé des affaires juridiques, a souligné : « Le principe fondamental du droit interne du PDG est clair : chaque révision statutaire abroge les dispositions antérieures contraires. Recourir à des textes obsolètes, c’est nier l’évolution naturelle de notre parti. »
Un appel au Distingué Camarade Président
Face à cette impasse institutionnelle, les initiateurs du directoire de redressement ont lancé un appel solennel au Distingué Camarade Président, estimant qu’il est le seul à pouvoir ramener l’ordre dans le parti. « Laisser prospérer l’illégalité reviendrait à cautionner une dérive qui menace l’existence même du PDG », ont-ils affirmé dans leur déclaration.
Ils réclament l’annulation immédiate des décisions du directoire contesté, la nomination des responsables des instances légitimes et l’organisation d’un Congrès de restructuration sous l’autorité du Président du Parti.
Un directoire pour un retour à la légalité
Soucieux de « protéger les droits des militants et rétablir l’ordre », les cadres frondeurs ont officialisé la mise en place d’un Directoire Provisoire de Redressement. Cette structure se compose ainsi :
Secrétaire général : Ali Akbar Onanga Y’Obegue
Secrétaire général adjoint 1, chargé des structures de base et des affaires juridiques : Arthur Benga Ndjeme
Secrétaire général adjoint 2, chargé de la communication : Noé Mesmin Kondodo
Secrétaire général adjoint 3, chargé de la coordination administrative : Sylvestre Zue Ndoutoumou
Ce directoire provisoire se donne pour seule mission de ramener le PDG dans un cadre statutaire légitime.
« L’histoire vous regarde, Distingué Camarade Président », concluent-ils, mettant la pression sur la direction du parti pour résoudre cette crise qui menace l’unité et la crédibilité du PDG.


























