La gestion du Gabon par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) suscite des désaccords profonds. Ce mardi 8 janvier 2025, quatre figures politiques ont appelé depuis Libreville au retrait des militaires du pouvoir. Il s’agit de Pierre Claver Maganga Moussavou (ancien vice-président), Alain-Claude Bilie-By-Nze (ancien Premier ministre), Ali Akbar Onanga Yobegue (ancien ministre), et Albert Ondo Ossa (candidat à la présidentielle de 2023). Ces leaders, malgré leurs divergences passées, convergent sur une exigence : le retour des militaires dans les casernes.
Selon eux, « la place des militaires n’est pas au pouvoir ». Cette déclaration marque un front commun inédit contre l’administration dirigée par le général Brice Oligui Nguema. Leur alliance, perçue comme une critique collective, traduit une défiance envers une transition jugée de plus en plus unilatérale et éloignée des promesses initiales.
Lire aussi : Les enjeux de la redaction du nouveau Code électoral au Gabon
Ali Akbar Onanga Yobegue, ancien ministre sous Ali Bongo, a lu une déclaration dénonçant les dérives actuelles. « Nous dénonçons les actions unilatérales des autorités militaires au pouvoir qui ont pris des engagements solennels au moment du coup d’État mais qui s’en écartent progressivement », a-t-il affirmé, évoquant un glissement dangereux pour la démocratie.
Les cinq exigences des signataires
Ces quatre figures Pierre Claver Maganga Moussavou, Alain-Claude Bilie-By-Nze, Ali Akbar Onanga Yobegue, et Albert Ondo Ossa ont énuméré cinq revendications pour restaurer la crédibilité du processus de transition :
Retour des militaires dans les casernes : Ils insistent pour que les militaires se retirent à la fin de la transition, soulignant que leur rôle se limite à protéger la nation. « Premièrement, notre première exigence concerne le retour impératif des militaires du CTRI dans les casernes à l’issue de la transition », a précisé Onanga Yobegue.
Rétablissement de la Constitution de 1991 : Ils réclament une révision du texte actuel, estimé opaque et imposé. « Nos deuxièmes exigences portent sur le retour à la Constitution de 91 modifiée par la loi référendaire de 95 », a-t-il ajouté.
Révision du cadre électoral : Critiquant un processus précipité, ils demandent une réforme complète et transparente. « Nous demandons l’arrêt immédiat de ce processus rédactionnel du code électoral précipité », a-t-il déclaré.
Mobilisation citoyenne : Ils appellent les Gabonais à s’impliquer activement pour garantir une transition inclusive. « Chaque citoyen […] a un droit et un devoir de se prononcer sur l’avenir de notre nation », a rappelé Onanga Yobegue.
Une opposition inattendue
Cette coalition, composée d’anciens proches d’Ali Bongo et d’un opposant, représente une nouvelle force contestataire face au CTRI. Alors que le peuple gabonais observe cette scène politique complexe, une question demeure : quelles garanties pour une véritable transition démocratique ?

























