La récente suspension du Pr Rufin Didzambou, directeur général de l’École normale supérieure (ENS), a suscité des remous au sein de l’établissement. Si le Syndicat national des enseignants-chercheurs (Snec), section ENS, affiche son soutien au directeur suspendu, la cellule Communication du ministère de l’Éducation nationale estime que cette mobilisation serait le fruit d’une « manœuvre savamment orchestrée« .
Selon des sources officielles, la revendication principale des syndicats, à savoir la sortie de la cotutelle entre le ministère de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur, ne serait qu’un prétexte. « Cette revendication s’inscrit dans une stratégie de déstabilisation », souligne la cellule Communication du ministère. Deux motivations principales sont avancées pour expliquer cette tension :
Un conflit d’autorité ciblant le ministre de l’Éducation nationale
Soutenu par certaines personnalités du ministère de l’Enseignement supérieur et le directeur général sortant, les syndicats bénéficieraient de financements clandestins. « Les grévistes perçoivent des fonds pour alimenter des mouvements de contestation dans le but de freiner l’élan réformateur de Mme Camélia Ntoutoum Leclercq« , avance une source interne. D’après le ministère, l’objectif serait de « créer un foyer de tension à l’ENS pour affaiblir l’autorité ministérielle ».
Un réseau d’intérêts dissimulés?
Le ministère de l’Enseignement supérieur, quant à lui, souhaiterait « s’approprier totalement la gestion de l’ENS« , tandis que le directeur général sortant, Rufin Didzambou, viserait à prolonger son mandat.
Ces allégations seraient renforcées par des faits précis : un financement de 2 millions de francs CFA aurait été mobilisé pour organiser le rassemblement syndical. « Cet argent a été redistribué aux chefs de syndicats pour inciter à la mobilisation », confie un responsable.
Face à cette situation, la majorité des enseignants-chercheurs de l’ENS se désolidarisent des revendications et souhaitent reprendre les cours. « Ce mouvement n’est ni objectif ni orienté vers le bon fonctionnement de l’établissement », dénoncent-ils.
Il est reproché au DG suspendu de l’ENS une insubordination à l’autorité et le non-respect des textes et règles en vigueur.
Le ministère de l’Éducation nationale envisage un rétablissement rapide. « Nous espérons une résolution rapide pour permettre une reprise des cours », conclut la cellule Communication.

























