Dans le quartier d’Alibandeng, niché au cœur du 1er arrondissement de Libreville, une femme de 75 ans, Le Toux Annick, endure une épreuve qui illustre les carences d’un système censé servir tous ses citoyens. Depuis le 10 décembre 2024, elle est victime d’une coupure d’électricité prolongée de la part de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), venant s’ajouter à une privation d’eau qui dure depuis plus d’une année. Cette situation, tragique par son absurdité, souligne un manque criant d’humanité.
Le Toux Annick, que l’âge aurait dû auréoler de respect et de considération, se trouve abandonnée dans un labyrinthe de promesses vides. Malgré de multiples appels au service clientèle de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), via le numéro 8586, aucune solution concrète n’a été apportée. Chaque assurance reçue s’est révélée être une chimère, la laissant à nouveau dans l’obscurité.
Il est légitime de s’interroger : le monopole de la SEEG n’a-t-il pas engendré une insensibilité institutionnelle face à la détresse humaine ? Cette femme, vulnérable et isolée, est la victime silencieuse d’une gestion défaillante qui confond puissance économique et responsabilité sociale. Son calvaire, pourtant évitable, tranche avec les discours officiels prônant la restauration des valeurs et des institutions.
Chaque jour qui passe prolonge son supplice, un supplice symbolique de cette lumière arrachée par l’indifférence. C’est une lutte silencieuse contre le temps, où chaque instant d’obscurité devient un poids sur ses épaules vieillissantes. Le voisinage, impuissant, observe avec consternation cette situation, révélatrice d’une fracture entre les besoins fondamentaux des citoyens et les priorités des grandes entreprises.
Si la SEEG prétend œuvrer pour le bien-être collectif, le cas de Le Toux Annick devrait figurer en tête de ses préoccupations. Or, il semble que les discours humanistes se perdent dans les méandres d’un service insensible.
Cette histoire n’est pas seulement celle d’une mamie plongée dans le noir, c’est le reflet d’une société qui doit choisir entre l’indifférence et la solidarité. En s’obstinant à ignorer son cri, la SEEG éclaire, paradoxalement, les zones d’ombre de sa propre gestion.

























