Dans des documents qui circulent abondamment sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, l’entreprise spécialisée dans le placement de personnel, Intérim Service Plus (ISP), est mise en cause pour avoir facturé des plats à hauteur de près de 10 millions de FCFA par mois à l’ancien directeur général de Gab’Oil. De surcroît, cette même société aurait vendu un véhicule de marque Toyota Hilux au Pôle National de Promotion de l’Emploi (PNPE), dirigé par Puanne Paulin Moussounda, au prix de 19 500 000 FCFA.
Serait-ce là une manifestation supplémentaire de la corruption, devenue presque un sport national parmi certains directeurs généraux des entreprises publiques et parapubliques au Gabon ? Comment expliquer qu’ISP, dont l’objet social est axé sur le recrutement et la gestion de personnel, puisse proposer des produits totalement étrangers à son domaine d’activité ? Cette société aurait-elle procédé à une modification de son objet social pour justifier de telles transactions ?
Plus encore, comment une entreprise spécialisée dans l’intérim se retrouve-t-elle à vendre un véhicule au PNPE de Puanne Paulin Moussounda le 22 avril 2024 ?

Une autre interrogation s’impose : qui est donc le dirigeant d’ISP, cette entreprise qui aurait facturé un plat à hauteur de 27 000 FCFA à une société pétrolière, sans qu’un tel service ne semble avoir été rendu ?
Selon le Guide Pratique du Gabon, ISP est une société déclarant exceller dans les ressources humaines : reporting, évaluation, pointage, et mise à disposition de candidats qualifiés. Elle se présente comme capable de répondre promptement aux besoins des entreprises grâce à une base de données variée, tout en assurant un environnement favorable à l’épanouissement des employés.
Pourtant, ces récents faits soulèvent de nombreuses interrogations. Puanne Paulin Moussounda aurait-il un pouvoir d’influence particulier lui permettant d’acquérir un véhicule via une société dédiée au placement de personnel ?
Dans tous les cas, ces révélations suscitent l’indignation des contribuables gabonais, inquiets de voir les finances publiques mises à mal par des pratiques pour le moins opaques. L’affaire ISP semble s’ajouter à une longue liste de cas controversés impliquant des acteurs publics et privés, alimentant un climat de méfiance généralisée.
Nous y reviendrons.

























