Dans une déclaration cinglante ce mercredi 13 novembre 2024, le président de la Transition du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fustigé les pratiques de certaines administrations financières, dénonçant les responsables qui retiennent les budgets alloués pour se redistribuer une part sous forme de « queues de budget ». L’entretien s’est tenu avec les responsables du ministère du Budget et des Comptes publics, alors que l’État venait de débloquer 36 milliards de FCFA pour régler des rappels de solde dus aux agents publics.
Oligui Nguema n’a pas mâché ses mots face aux pratiques budgétaires opaques. « Faites fonctionner les ambassades, faites fonctionner les administrations. Ce n’est pas la peine de percevoir les budgets et de les conserver pour dire qu’à la fin on se partage la queue de budget », a-t-il lancé. Le président a insisté sur la nécessité de payer les fonds aux ministères et autres administrations, évoquant les souffrances des diplomates privés de moyens à l’étranger. « Vos diplomates souffrent à l’étranger. Vous n’envoyez pas l’argent parce qu’on veut se faire des queues de budget », a-t-il déploré, ajoutant que cette situation est devenue insupportable pour les services de l’État.
Critiquant des pratiques qu’il qualifie d’« anciennes méthodes », il a dénoncé une tendance ancrée dans les administrations de retarder les paiements jusqu’à la fin de l’année. « Ce n’est pas à la fin de l’année qu’on met l’argent à disposition pour que les fonctionnaires aillent chercher les rames de papiers », a-t-il martelé. Oligui Nguema a également dénoncé le transfert de fonds aux entreprises puis leur récupération frauduleuse par des agents, ajoutant qu’il envisage des audits pour mettre fin à ces abus : « Nous sommes au courant et nous allons lancer des audits et nous allons le faire ».
Le phénomène des « queues de budget » représente, selon lui, un frein majeur au bon fonctionnement de l’État. Nombre de ministères n’ont toujours pas perçu leurs fonds, notamment pour les fournitures de base. « Ils n’ont pas de papiers, ils n’ont pas de stylos pour travailler parce que vous voulez faire des queues de budget, des économies pourquoi ? », s’est indigné le président. En termes clairs, Oligui Nguema a rappelé que tout budget engagé doit être déboursé, et il a averti que des sanctions sévères seraient appliquées en cas de récidive : « Celui qui viendra parler des queues de budget perdra sa place », a-t-il averti.
Cette intervention du président vise à rappeler l’urgence de réformer les pratiques budgétaires du Gabon et de restaurer la discipline dans la gestion des finances publiques. « Payez les ministères leurs budgets. Je ne veux pas entendre parler de queues de budget », a-t-il conclu, laissant peu de marge de manœuvre à ceux qui pourraient être tentés de continuer ces pratiques douteuses.


























