L’anticipation d’un rachat de 50 % de l’eurobond gabonais émis en 2015 soulève des interrogations, malgré les louanges initiales, comme le souligne notre confrère de Directinfosgabon.
Les questions abondantes : origine des fonds, modalités de financement, et choix des banques impliquées. Le silence persistant du ministère de l’Économie et du Budget, qui se contente de déclarer « Nous communiquons en temps voulu », alimente la spéculation. Des experts redoutent une conversion de la dette en monnaie locale, ce qui pourrait avoir des répercussions imprévues sur les finances publiques, évitent un analyste économique.
Les analystes s’interrogent sur les banques qui financeront ce rachat de 192 milliards de francs CFA, soit la moitié du montant initial. Cette opération risque-t-elle de transférer l’exposition en dollars vers le franc CFA, et, le cas échéant, à quelles conditions ? Le rôle des banques locales, encore flou, pourrait inclure les coûts et les maturités auxquels l’État devra se conformer. Ce manque de transparence suscite des questions cruciales, qui nécessitent des réponses pour éclaircir les contours d’une opération prometteuse mais peu expliquée.
D’autres observateurs y voient un éventuel soutien des sociétés pétrolières, qui anticipées leurs impôts et taxes pour les prochaines années.
Cette initiative pourrait, certes, renforcer la crédibilité du Gabon sur les marchés internationaux, mais des questions stratégiques subsistent. Les détenteurs actuels des eurobonds accepteront-ils de céder leurs titres dans des conditions avantageuses pour l’État ou imposeront-ils des taux d’intérêt et des échéances défavorables ? Dans un contexte économique où chaque mouvement financier est surveillé, la prudence est de mise pour prévenir toute instabilité.
Émis en 2015 par le régime précédent, cet eurobond gabonais visait à lever 500 millions de dollars sur dix ans, avec un taux de 6,95 %, pour financer des projets d’infrastructure en énergie, eau potable, éducation et santé, rappelle Directinfosgabon. Sept ans plus tard, on peut se demander si ces fonds ont réellement eu l’impact attendu sur les projets initialement prévus.
En somme, si ce rachat est bénéfique, il pourrait redorer la crédibilité financière du Gabon. Cependant, l’absence de communication officielle et les zones d’ombre persistent laissent une impression atténuée. Les autorités économiques fourniront des explications pour dissiper les doutes et rassurer les citoyens et les observateurs financiers.


























