Lors de la clôture de la 4e édition du Central Africa Business Energy Forum (CABEF), qui s’est tenue du 23 au 25 octobre 2024 à Libreville, le ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, Marcel Abeke, a appelé les pays d’Afrique centrale à se rallier au projet ambitieux du Central Africa Pipeline System (CAPS). Connu pour son rôle influent en tant que président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Abeke a souligné l’importance stratégique de ce projet pour la région, en mettant l’accent sur la coopération et les bénéfices potentiels pour les économies locales.
Le projet CAPS, estimé à plus de 10 milliards de dollars, vise à établir un vaste réseau de pipelines qui transportera non seulement du gaz, mais aussi des produits pétroliers bruts et raffinés à travers plusieurs pays de la sous-région. Ce projet pourrait être un moteur de développement pour l’Afrique centrale, non seulement en diversifiant l’énergie mais aussi en favorisant l’emploi et la croissance économique dans les pays impliqués.
Un projet intégrateur pour la région
Marcel Abeke décrit le CAPS comme « un projet intégrateur », insistant sur la nécessité de l’adhésion des États voisins. « Le message du Gabon est clair : nous demandons à tous les pays de la sous-région de s’engager dans ce projet », a-t-il déclaré. Selon lui, ce gazoduc ne servira pas uniquement à transporter des hydrocarbures, mais aussi à soutenir les infrastructures énergétiques des pays de la sous-région, facilitant l’accès aux produits énergétiques à grande échelle.
Les défis au sein de l’OPEP
Interrogé sur les récents départs de certains membres africains de l’OPEP, Marcel Abeke a tenu à rassurer : « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. L’OPEP a un mode de fonctionnement qui ne date pas d’hier. » Il a rappelé que chaque pays membre doit respecter des quotas de production, tout en admettant qu’il y a une flexibilité pour réévaluer les quotas si nécessaire. « Nous militons actuellement pour une réévaluation des quotas du Gabon, car nous estimons qu’ils sont trop bas par rapport à notre potentiel de production », a-t-il précisé, confirmant que des discussions sont en cours pour réévaluer la situation du Gabon au sein de l’OPEP.
Le financement et l’adhésion au projet CAPS
Concernant le financement du CAPS, Abeke s’est montré optimiste, évoquant l’intérêt de grands partenaires financiers. « De gros banquiers ont déjà manifesté leur intérêt et vont confirmer leur position une fois que nous aurons l’adhésion des pays concernés », a-t-il affirmé. Toutefois, avant de passer à la phase des études détaillées, Abeke souligne l’importance du soutien des dirigeants de la région : « Il serait crucial que nos chefs d’État valident ce projet. »
L’enjeu du contenu local
Marcel Abeke a également reconnu le retard pris par la région en matière de contenu local, c’est-à-dire l’intégration de compétences et de main-d’œuvre nationales dans les projets pétroliers et gaziers. « Après les indépendances, personne ne parlait de contenu local. Aujourd’hui, nous avons des experts, des sociétés locales capables de contribuer au secteur », a-t-il expliqué.

Ce chantier est en cours, selon Abeke, pour réduire le retard et permettre aux pays de la région de profiter pleinement des retombées économiques.
Des opportunités d’emploi pour la jeunesse
Le projet CAPS devrait avoir des retombées sociales positives, notamment en matière d’emploi, a affirmé le ministre gabonais. « L’investissement de 10 milliards de dollars signifie des milliers d’emplois, notamment dans la construction et l’exploitation du pipeline », a-t-il déclaré. Pour Abeke, la création d’emplois est essentielle pour répondre aux attentes des populations locales, et le pipeline pourrait transformer l’économie de l’Afrique centrale en stimulant les opportunités d’emploi et de formation.


























