Solange Mikue (acteur politique), membre d’Orientation nouvelle (ON), a décidé de partager son avis sur le projet de loi donnant l’égalité des droits entre la femme et l’homme au Gabon. Celle-ci donnera désormais une place prépondérante à la femme au sein de la famille ce qui fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis sa publication en Conseil de ministres du 23 mars dernier, présidé par Ali Bongo par visioconférence. Lecture !
1- Perspective juridique de l’égalité des sexes :
La constitution qui est la loi fondamentale, repose sur deux principes: Le principe de la légalité (conformité des lois), et le principe d’égalité (fondement de l’état de droit des individus).
D’un point de vue juridique, lorsqu’on parle d’égalité, cela renvoie à un traitement équitable face aux droits et devoirs parce que la loi ne devrait pas créer des privilèges d’une partie vis-à-vis de l’autre.
Les femmes, africaines notamment, revendiquent les mêmes droits (avantages) que les hommes, ce qui tout à fait n’est que normal. Il importe, cependant, de leur faire comprendre que le citoyen qui jouit des droits dans une société, est aussi astreint à des devoirs qui lui sont imposés par la société.
L’égalité du genre ne signifie pas que les femmes devraient profiter uniquement des avantages, et laisser aux hommes les devoirs. Les droits impliquent des devoirs, aussi bien pour les hommes que pour les femmes.
2- Des sources coutumières du droit :
Une certaine conception du progrès social laisse supposer que progrès et coutume sont fondamentalement opposés.
Lorsqu’on compare, une quarantaine d’années après les indépendances, la situation des anciennes colonies françaises, d’une part; et les anciennes colonies britanniques, d’autres part, on constate que les premières sont encore aujourd’hui, incapables de proposer au monde un cas d’alternance politique stable: sans contestation; pendant ce temps, les pays de l’empire britannique progressent.
Cette difficulté à décoller dans la pratique démocratique du pouvoir politique des anciennes colonies françaises, trouve son explication dans l’histoire. La pratique du droit de l’ancien colonisateur des pays francophones, s’inspire du droit romain.
L’esprit du romain est tel que le droit prend sa source dans la raison, et ne doit rien à la coutume. D’où pour la France, il était hors de question de promouvoir les cultures indigènes. Elle a plutôt travaillé à déposséder les peuples indigènes de leur identité culturelle.
Les coutumes sont les repères d’un peuple, et partant, un facteur de développement social durable dans l’esprit du droit du «Commonwealth», la Common Law. Ayant compris cela, le colonisateur anglais a plutôt promu la culture des peuples autochtones. Voilà ce qui explique la différence actuelle des pays francophones africains, et les anglophones.
Si nous voulons faire du leadership féminin le facteur du progrès de notre pays, celui-ci devrait s’inspirer de la coutume, améliorer ce qu’il y’a lieu de l’être, et abandonner ce qui est à abandonner.
Dans nos traditions, l’homme est le chef de famille. Ce principe est d’ailleurs corroboré par les enseignements des trois grandes traditions religieuses : judaïsme, christianisme, et islam. Pourquoi vouloir aujourd’hui inventer la roue?
3-Alors qu’on a de la peine à atteindre le quorum de 30% de la représentativité de la gente féminine au sein du gouvernement et dans des postes de décisions, voilà que notre mental est déjà pris d’assaut par une incitation insidieuse à mettre en cause le socle social : la cellule familiale.
3-Après la dépénalisation de l’adultère et de l’homosexualité, les projets de lois que le gouvernement vient de faire sur le code civil portant modification de la soumission de la femme vis-à-vis de son conjoint, et que l’homme ne soit plus le chef de la famille dont il est le fondateur, relève de la pure incohérence.
Ces propositions de lois sont de trop! Quel modèle de famille allons-nous léguer à nos enfants? La remise en cause du rôle de l’homme et de la femme, au sein de la cellule familiale, augure tout simplement d’une haine du modèle familial traditionnel. Ce modèle familial représente-t-il une menace pour certains choix?
´4-Qui est le grand perdant de cette manipulation?
Une émancipation tout azimut de la femme dans le foyer, conduit inéluctablement à la mise en cause du modèle familial hérité de nos ancêtres. Si cette borne est déplacée, en réalité, la grosse perdante dans cette affaire, une fois de plus, c’est la femme.
Pour quelles raisons, Mesdames, vous ne vous êtes, peut-être, pas interrogées : un homme se marierait-il encore au Gabon, quand il sait qu’il s’expose à l’ignominie?
5-Le mobile non avoué qui devrait se profiler en toile de fond derrière le problème de l’émancipation de la femme (valorisation de ses droits), n’est pas d’en faire une réplique, un opposé à l’homme, mais de la rendre plus performante dans ce qu’elle entreprend au sein de son foyer, pour le bien-être de tous.
Solange Mikue (acteur politique), Présidente de la Commission politique de Orientation Nouvelle.


























