Yorick Obame, alias « Azaria », a été interpellé par les forces de la police judiciaire de Port-Gentil lors d’une vaste opération de traque. Ce père de famille, maçon de profession, s’est avéré être une figure clé dans le démantèlement d’un réseau criminel impliqué dans les violences qui ont secoué la cité pétrolière le 23 août dernier.
L’implication d’Azaria dans cette affaire de bandes rivales est inédite dans l’histoire récente du Gabon. Jamais la ville de Port-Gentil n’avait été le théâtre d’une telle montée en puissance des affrontements entre gangs armés. Des jeunes délinquants, issus notamment du 4e arrondissement, ont affronté leurs rivaux du 2e arrondissement dans une série d’actes violents, culminant avec l’usage de machettes. À la tête du groupe du 4e, Azaria aurait mené la révolte, tandis que Sterly Itoudi Opra Verda, plus connu sous le pseudonyme de « La 4.6 », aurait commandé l’autre faction.
Au cœur de cette discorde, une histoire d’argent semble être la cause des hostilités. Il s’agirait d’une somme importante laissée par un artiste après un concert, alimentant ainsi la rancœur entre les groupes.
Pour sa défense, Yorick Obame, alias Azaria, nie toute implication directe dans les affrontements. « Je n’ai joué aucun rôle dans cette affaire. La 4.6 a évoqué des choses que j’irai clarifier devant la justice. Si j’ai pris la fuite, c’est par crainte et sous l’effet du stress », explique-t-il.
Bien qu’il reconnaisse un passé tumultueux lié à des activités criminelles, il affirme avoir tourné la page. Selon lui, son changement de vie est réel, et il serait aujourd’hui un père de famille responsable. « À Port-Gentil, les gens s’attachent souvent au passé des individus. Certes, j’ai eu une jeunesse difficile, mais cela fait bien longtemps que j’ai laissé ces mauvais actes derrière moi », se défend-il.
Azaria ne cache pas sa frustration face à la réputation qui continue de lui coller à la peau. « Mon nom a été sali, et je dois vivre avec cela. Mais je jure que je n’ai rien à voir avec ces récentes violences », insiste-t-il.
Il réfute également toute complicité avec Sterly Itoudi, alias « La 4.6 », qu’il connaît pourtant bien. « J’ai eu un passé où j’étais mêlé à des activités illégales, mais aujourd’hui, mon état de santé et ma nouvelle vie ne me permettraient pas de participer à de telles violences. Avec La 4.6, nous n’avons jamais conspiré ensemble », affirme-t-il.
Un autre protagoniste, Stéphane Mabiala, surnommé « Mabandzo », sableur de profession, rejette également les accusations à son encontre. « Ce jour-là, j’étais chez moi avec ma compagne et notre enfant de trois mois. Si mon nom a été mentionné, c’est probablement à cause de mes liens avec mon frère Nolan, mais je n’ai rien à voir avec cette histoire. Le jour des événements, je rendais visite à mon ami Nolan », conclut-il.


























