En décembre 2023, la dette publique du Gabon atteignait déjà plus de 7000 milliards de FCFA, et les projections pour la fin de l’année 2024 laissent présager une hausse à 8000 milliards de FCFA. Malgré cette situation financière préoccupante avec un taux d’endettement très élevé, le gouvernement de transition, avec Mays Mouissi comme ministre de l’Economie, aurait contracté un nouvel emprunt de 3200 milliards de FCFA pour financer son Plan de Développement pour la Transition (PNDT). Cette levée de fonds, orchestrée par la fintech Yunus SA, désormais désignée comme le « Groupe Développeur pour le Gabon », suscite de vives inquiétudes quant à la viabilité financière du pays.
Selon des sources concordantes, Yunus SA aurait levé ces fonds auprès d’une holding financière privée dont l’identité reste à ce jour non révélée. Ce fonds serait enregistré à la Securities & Exchange Commission (SEC) aux Philippines, et posséderait un actionnariat anglo-philippin majoritaire, selon les informations relayées par le journal Eco Matin. Ce nouvel emprunt massif soulève des questions sur la gestion de l’endettement du Gabon avec Mays Mouissi comme ministre de l’Économie et des participations, déjà englué dans un marasme financier.
Le passé d’un économiste très critique transformé en ministre
Mays Mouissi, désormais ministre de l’Économie et des Participations, était autrefois connu pour son franc-parler en matière de gestion économique. En 2020, il critiquait ouvertement le niveau d’endettement du Gabon, alors inférieur à 6000 milliards de FCFA, et mettait en garde contre les conséquences d’un recours excessif aux emprunts. Selon lui, la dette publique plombait la capacité du Gabon à financer les politiques sociales et les investissements publics essentiels. Il alertait également sur le fait que le pays devait déjà, à l’époque, emprunter pour des dépenses relativement modestes, comme l’achat de gants et de masques en juin 2020.
Aujourd’hui, sous sa tutelle, la situation semble s’être aggravée. Fitch Ratings a récemment remis en cause la capacité du Gabon à honorer ses dettes à moyen terme. Les analystes pointent du doigt une politique budgétaire expansionniste, marquée par une augmentation des dépenses publiques dans un contexte de pressions de liquidité accrues et de besoins de financement importants. Parmi ces obligations figurent les deux remboursement imminent des euro-obligations de 605 millions de dollars américains, représentant 2,6 % du PIB en 2025.
Le choix contesté de la dette
Au lieu de s’engager dans une réduction significative des dépenses de l’État, les autorités de la transition ont choisi de continuer à emprunter massivement. Ce nouvel emprunt de 3200 milliards de FCFA, obtenu grâce à un mécanisme de financement structuré mis en place par la Fintech Yunus SA, risque de ne pas améliorer la capacité du Gabon à rembourser ses dettes.
La question de savoir où ces fonds seront effectivement investis reste posée, compte tenu des difficultés chroniques du pays à mener une gouvernance structurée, notamment en matière de gestion de projets. L’avenir financier du Gabon semble plus incertain que jamais. Mays Mouissi, autrefois fervent critique des emprunts, est désormais confronté à la dure réalité de la gestion publique. L’ivresse du pouvoir aurait-elle eu raison de sa lucidité économique?


























