Le 2 juillet, Libreville, capitale du Gabon, a accueilli la clôture de l’atelier de restitution de l’étude sur le statut de l’artiste, organisé par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et ses partenaires. Cet atelier a débouché sur une décision cruciale : l’adoption d’une loi-type visant à protéger et valoriser le statut des artistes dans les pays francophones d’Afrique.
Ce texte, minutieusement élaboré par des experts du domaine, s’attèle à répondre aux nombreux défis auxquels sont confrontés les artistes. Les discussions tenues lors de l’atelier ont permis d’identifier les points de convergence et de divergence entre les différentes législations nationales, aboutissant à une proposition harmonisée qui tient compte des spécificités locales tout en respectant les normes internationales. La loi-type ambitionne de structurer le secteur artistique en intégrant des aspects tels que la qualification des artistes, la fiscalité, et les conditions de travail des professionnels, y compris ceux vivant avec un handicap.
Théodore Nganzi, consultant pour l’OIF, a souligné l’importance de cette initiative en déclarant : « Cette loi-type est une avancée significative pour les artistes africains. Elle encourage non seulement la reconnaissance de leur statut, mais aussi la création d’entreprises par les artistes eux-mêmes, leur offrant ainsi une plus grande autonomie économique. » Il a ajouté que cette démarche s’inscrit dans la continuité de la recommandation de l’UNESCO adoptée en 1980, soulignant la nécessité de transposer et adapter cette norme aux réalités africaines.

La réussite de cette initiative ne repose cependant pas uniquement sur les gouvernements nationaux. Oumar Sall, également consultant pour l’OIF, a rappelé que « la mise en œuvre effective de cette loi-type nécessite la collaboration de toutes les parties prenantes, y compris des institutions internationales telles que l’OIF, la CEMAC et l’UNESCO. » En effet, les États africains, souvent limités par des contraintes budgétaires, ont besoin du soutien de ces organisations pour concrétiser les dispositions de cette loi.

Le directeur par intérim de la Langue et de la diversité des cultures de l’OIF à Paris, Dr Kanel Engandja Ngoulou a précisé : « Nous avons jugé opportun de réunir les 22 pays ayant fait l’objet de cette étude, ainsi que huit organisations internationales et régionales, afin d’apprécier le contenu de cette étude à Libreville. »
L’atelier a également mis en lumière le besoin urgent de renforcer l’éducation artistique professionnelle. Bien que ce domaine ait reçu un soutien unanime, la réalité reste marquée par une absence notable d’écoles publiques spécialisées dans des disciplines telles que la musique, la mode et la comédie.
L’adoption de cette loi-type représente un espoir pour les artistes francophones d’Afrique, promettant de structurer et dynamiser le secteur culturel tout en contribuant à la préservation et à la diffusion des richesses culturelles du continent.


























