Après plusieurs jours d’une couverture médiatique minutieuse du Dialogue national inclusif à Angondjé, s’étalant du 2 au 27 avril dernier, exécutée avec un professionnalisme et un sens patriotique exemplaires, la presse, à l’opposé des autres parties prenantes, se voit contrainte d’attendre durant de longs jours avant de recevoir ses per diems. Sous l’égide de l’administration dirigée par Oligui Nguema, peut-on réellement espérer une presse financièrement indépendante et respectée ?
Depuis le 27 avril dernier, les commissaires du Dialogue national inclusif (DNI) d’Angondjé ont vu leurs per diems attribués pour le travail accompli, au nom de « l’État », tandis que les représentants de la presse se trouvent dans l’attente, sous la supervision du ministre de la Réforme des institutions. Des montants considérables, atteignant jusqu’à 1 800 000 FCFA voire davantage, ont été octroyés à certains commissaires, en fonction de leur rôle durant ces assises : simples commissaires, rapporteurs ou présidents. Chacun contribuait au bien-être de la nation. Quant aux membres du corps journalistique, les sommes allouées demeurent dans l’ombre.
Que les commissaires proviennent de l’intérieur ou de l’extérieur du pays, ils ont bénéficié de per diems de manière hebdomadaire, tandis que les membres de la presse indépendante ont dû, à travers leurs écrits, dénoncer l’absence de moyens de transport après les conférences de presse. Le président Oligui Nguema leur avait promis des véhicules qui arriveraient encore par bateaux. Il semblerait que la presse est la dernière roue du carrosse de la situation au Gabon, même en période de transition.
Pendant que le chef de l’État célébrait son second mariage, malgré la transition politique en cours, symbole d’une vie confortable, les commissaires faisaient la queue pendant de longues heures pour récupérer leurs per diems, dans des enveloppes kaki.
Il est manifeste que les thuriféraires du pouvoir, y compris certains membres de la presse, pourraient argumenter qu’aucun contrat n’a été signé, ce qui est indéniable. Toutefois, les commissaires, en particulier ceux venus de l’intérieur et de l’extérieur, n’ont paraphé aucun document garantissant un versement de 200 000 FCFA chaque vendredi. À leur arrivée à Libreville, une somme minimale de 500 000 FCFA leur a été octroyée, sans qu’aucun accord préalable ne soit entériné, tout comme leur hébergement dans des hôtels dont le coût de la nuitée avoisinait les 70 000 FCFA au minimum, sinon plus.

Face à cette situation, la presse est priée de patienter jusqu’à ce que le Trésor public accomplisse son devoir, bien qu’il ait été dépêché à Angondjé. Mais en quoi consiste réellement ce devoir ? Selon des sources avérées, certaines personnes proches des ministres de la Communication et des Médias, ainsi que de la Réforme des institutions, non mandatées après l’évaluation réalisée par l’équipe technique du ministère de la Communication et des Médias, ont sollicité lesdits ministres afin que leurs organes de presse soient inclus dans le Dialogue national inclusif d’Angondjé. Ces faveurs indues auraient entraîné des retards dans les paiements. Du côté ministériel, l’argumentation avancée serait que les journalistes intégrés à l’équipe technique n’ont pas été pris en compte, d’où les retards de paiement. Une justification peu convaincante.
En tentant de tout gérer sans délégation de compétences, Murielle Minkoue, épouse Mintsa, ministre de la Réforme des institutions, démontre une fois de plus que la presse constitue sa dernière préoccupation, et par extension, celle de son chef, le général président Brice Oligui Nguema. Après avoir contraint les hommes et femmes de presse à prendre leur repas sous des tentes où les climatiseurs soufflaient de l’air chaud, par une température extérieure de 32ºC, des autobus ont finalement été mis à disposition pour le transport des journalistes après les conférences de presse, suite aux critiques formulées.
Dans tous les cas, sous le régime de transition actuel, la presse doit se satisfaire de promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. En cette Journée internationale de la liberté de la presse, le président Oligui Nguema devrait prendre conscience qu’une presse dépourvue de ressources financières adéquates, en reconnaissance de son travail, ne saurait être véritablement indépendante.
Les professionnels des médias méritent un traitement bien meilleur que celui qui leur a été traditionnellement réservé par Ali Bongo Ondimba, véritable oppresseur de la presse indépendante.
En cette Journée internationale de la presse, saluons tous les ministres ayant contribué à la gestion du Dialogue national inclusif !








































