Dans un acte de défiance flagrant envers l’autorité établie, l’opérateur de téléphonie mobile Moov Africa Gabon Télécom persiste à ignorer les instructions émises par la Haute autorité de la communication (HAC), refusant obstinément de rétablir l’accès à plusieurs sites de la presse en ligne depuis le 16 avril dernier, contrairement à ses concurrents, Airtel et le Groupe Vivendi Afrique (GVA).
Cette situation, d’une incongruité déconcertante, suscite interrogations et consternation. Comment se fait-il que Moov Africa Gabon Télécom, une entité privée, semble s’arroger le droit de défier ouvertement les décisions de la HAC, l’instance régulatrice du pays ?
L’annonce du Dialogue national inclusif de nationaliser Moov Africa Gabon Télécom, autrefois propriété de l’État gabonais, a été chaleureusement accueillie par plusieurs figures de la presse en ligne. Cette décision fait suite à une privatisation survenue dans les méandres de l’opacité sous l’égide d’Omar Bongo, le 09 février 2007, date symbolique coïncidant avec l’anniversaire de son fils, Ali Bongo Ondimba.
Les patrons de presse, déjà confrontés à des suspensions arbitraires de leurs médias par la HAC depuis janvier dernier, se voient à présent confrontés à un nouvel obstacle : l’entrave à la diffusion de leurs contenus par Moov Africa Gabon Télécom.
Pourtant, le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a clairement exprimé sa position dans une correspondance adressée au Directeur Général de Gabon Télécom, Zouheir Jorio : « Suite à la régularisation de la situation juridique et administrative du journal en ligne X, j’ai le plaisir de vous notifier, par la présente, la décision portant autorisation du rétablissement de la connexion dudit média ».
Alors, pourquoi le directeur général marocain de Gabon Télécom tarde-t-il à exécuter une décision émanant d’une autorité nationale, alors même que ses concurrents dans le secteur de l’internet se sont pliés à cette injonction quelques heures après son émission ?
Les médias concernés par cette censure ont eu pour information un propos qui leur fait croire que la situation ne sera pas resolue de si tôt : » Le dossier est encore en cours de traitement », a répondu la secrétaire particulière du de monsieur Zouheir Jorio et la directrice de la Communication.

Cette attitude de défi, des autorités de Moov Africa Gabon Télécom, relèverait sûrement du soutien qu’elles ont toujours reçu depuis des années, sous l’ère Omar Bongo et cela a été consolidé par son fils Ali Bongo Ondimba.
Cette famille aurait exercé une influence décisive sur la privatisation de l’entreprise, alors même que les problèmes internes résultaient principalement d’une mauvaise gestion, notamment celle de Hervé Fulgence Ossami, ancien beau-fils d’Omar Bongo Ondimba, soupçonné de malversations financières.
Fort de ce soutien apparent, une autorité diplomatique aurait osé affirmer lors du Dialogue National Inclusif : « Ce n’est pas la faute des entreprises installées au Gabon qui ne recrutent pas s’il n’y a pas de main d’œuvre qualifiée dans le pays ». Une déclaration aussi provocatrice que déconnectée de la réalité, qui n’a pas manqué de susciter une réaction cinglante de la part de Murielle Minkoue épouse Mintsa, rapporteur du Dialogue national inclusif, déclarant avec fermeté : « Nous attendons que ceux qui viennent chez nous pour nos richesses nous respectent ».
Face à ce flou de l’acquisition de leur bien par les marocains, les gabonais ont décidé de reprendre le contrôle de leur entreprise, Gabon Télécom. Certains vont jusqu’à spéculer sur une possible implication d’Omar Bongo dans la privatisation de l’entreprise, peut-être en tant qu’un des actionnaires.
Malgré tout, les patrons de presse, dont le signal demeure toujours interrompu par le Directeur Général de Gabon Télécom, saluent unanimement la décision de ramener cette entreprise sous contrôle national.


























