Pour l’ancien Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba, Raymond Ndong Sima, le cœur des Gabonais est loin de la fête nationale malgré l’habillage et les moyens dégagés par le gouvernement, avec à la clé l’arrivée du président de l’Union africaine, Macky Sall. La préoccupation des Gabonais est dans le souci de voir leurs conditions de vie s’améliorer davantage.
Dans son propos liminaire, l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima rappelle tout simplement que le peuple gabonais ne voit plus le 17 août sous le même angle car le cœur n’est plus à : « la fête nationale qui commémore normalement l’indépendance du pays semble avoir du plomb dans l’aile. La morosité ambiante dans la vie économique et sociale du pays y concourt très largement. Le cœur n’est presque nulle part à la fête, sauf peut-être dans les corps habillés qui semblent avoir reçu de nouvelles dotations ».
Dans le fond, les Gabonais souffrent et les pouvoirs publics semblent ne pas réellement se préoccuper de leur sort. Ils n’ont pas de vraies raisons de célébrer une indépendance de leur pays s’ils n’ont pas d’arguments concrets qui soutiennent cette fête nationale.
« Ils sont même de plus en plus nombreux ceux qui se demandent ce qu’on fête tant le tableau d’ensemble est sombre avec : des retraités à la peine pour percevoir leurs pensions ; tant de jeunes à la recherche désespérée d’un emploi ; des hôpitaux publics dans tant de cas réduits au service minimum ; des villes et des provinces ramenées à la bougie et à la lampe à pétrole, condamnées à manger de la nourriture congeléé-décongelée-recongelée et re-décongelée etc. ; des routes défoncées qui provoquent une augmentation significative des accidents de la circulation ; des affaires de délinquance financière à n’en plus finir dans lesquelles tous les mis en cause ne sont manifestement pas invités à s’expliquer y compris pour laver leur honneur ; une invraisemblable boulimie d’accaparement des terrains y compris ceux déjà attribués à d’autres concitoyens dans une logique évidente d’enrichissement sans cause et de blanchiment de l’argent détourné ici et là. Bref, les motifs de se réjouir ne sont pas légions. », a décrit l’ancien patron de l’administration gabonaise.
Il est vrai que la patrie est notre bien commun mais ceux qui semblent être aux commandes du pays privent les autres des droits qui nous identifient : « dans le monde, la patrie vaut la peine d’être fêtée malgré nos difficultés », interpelle-t-il.
L’indépendance : occasion d’arracher ses droits aux gouvernants peu conscients
L’homme d’Etat, Ndong Sima considère que certains droits doivent être arrachés car c’est l’expression même de la vraie indépendance citoyenne. La célébration de la fête nationale de l’indépendance doit servir à cela.
« C’est donc l’occasion d’un réveil de notre conscience et de notre détermination à défendre cette existence que certains dénient en pratique à d’autres en leur refusant les cartes nationales d’identité, les routes pour circuler, les hôpitaux pour se faire soigner, l’électricité pour s’éclairer, de l’eau potable, en détruisant des biens communs tels que la couverture maladie, etc. », a-t-il appelé le citoyen gabonais à l’action positive.
Il est vrai que le tableau décrit est peu reluisant mais d’avoir : « l’espérance » car c’ « est une autre forme de vertu, il faut être vertueux, espérer que demain sera meilleur et agir pour que tel soit le cas », a-t-il conclu.


























