L’ancien président de la République d’Angola, José Eduardo dos Santos est mort ce vendredi 8 juillet 2022 en Espagne dans une clinique des suites d’un arrêt cardiaque après avoir souffert longtemps. Il a régné pendant trente-sept ans sur l’Angola avant de finalement mettre fin, en 2018, à 76 ans, à sa longue carrière politique. L’annonce a été faite par le gouvernement angolais.
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L’ex-dignitaire angolais était malade depuis de longues années, mais ces derniers mois sa santé s’était beaucoup dégradée. En juin, un quotidien portugais le disait « entre la vie et la mort ». Il est finalement décédé à Barcelone ce vendredi 8 juillet 2022.
« Le gouvernement angolais rapporte avec un sentiment de grande douleur et de consternation le décès » de M. dos Santos, affirme un court message publié par le gouvernement sur les réseaux sociaux, précisant que le décès est intervenu en fin de matinée.
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« Zedu » comme on l’appelait, était parti de rien. Fils de maçon, José Eduardo dos Santos a grandi dans le « barrio » de Sanbizanga, un bidonville de la capitale Luanda. Militant contre les colons portugais, il s’engage à seulement 19 ans dans le MPLA, avant de rejoindre la lutte armée.
À l’indépendance, en 1975, « Zedu » siège déjà au comité central du MPLA. Puis il intègre le gouvernement, devient Premier ministre et enfin président en 1979, à la mort d’Agostinho Neto. Fin stratège, « Zedu » conservera, sans jamais être élu, les rênes du pouvoir pendant presque quatre décennies.
Protégé jusqu’à sa mort mais pas ses proches
D’après la Constitution, José Eduardo dos Santos restait protégé de toute poursuite criminelle par son statut d’ancien président jusqu’en 2022. Mais son entourage et les membres de sa famille n’ont pas été épargnés ces dernières années par une vaste opération « mains propres » menée par son successeur. João Lourenço a écarté la garde rapprochée de son prédécesseur des instances dirigeantes du parti au pouvoir, des institutions et des entreprises publiques.
Isabel dos Santos, fille de l’ancien président angolais Jose Eduardo dos Santos, est accusée de corruption par la justice de son pays, objet d’une enquête au Portugal, ancienne puissance coloniale et mise en cause par les « Luanda Leaks », enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) fondée sur la fuite de 715.000 documents.
Première femme milliardaire d’Afrique, sa fille Isabel dos Santos a été débarquée de la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol. Ses avoirs angolais ont été gelés et elle a été inculpée d’une flopée de crimes financiers. Elle est soupçonnée, avec son mari l’homme d’affaires congolais Sindika Dokolo (décédé d’un accident de plongée à Dubaï en 2020), d’avoir détourné un milliard de dollars d’argent public. Son autre fille, l’ancienne députée MPLA Welwitschia dos Santos, vit aussi à l’étranger. Quant à son fils, José Filomeno dos Santos, il a lui été condamné à cinq ans de prison pour avoir détourné de l’argent provenant du fonds souverain de l’Angola, qu’il a supervisé de 2013 à 2018.
Avec la mort de l’ancien président Jose Eduardo dos Santos, c’est l’histoire d’une partie des années 70 et 80 de l’Afrique, surtout de l’Angola, qui s’éteint.


























