Dans une tribune libre, le journaliste Boursier Tchibinda vient analyser la situation politique du pays en sortant tous les signes qui pourraient montrer une potentielle candidature du Président Oligui Nguema à la future présidentielle de 2025. Lecture !
En ce début d’année 2025, le spectacle est le même, chacun jouant son rôle avec plus ou moins de conviction. C’est toujours le CTRI qui gère (je ne vais pas citer le nom du Chef ici.). La situation du pays reste teintée d’humour amer et de réactions diverses sur la toile et dans les maquis du pivot. Les Gabonais continuent de faire preuve d’une résilience remarquable, utilisant les réseaux sociaux pour exprimer leur frustration.
Pour marquer l’entrée dans la nouvelle année, ya Brice prononçait, le 31 décembre 2024, son discours. Il résonne encore dans les esprits, comme ses ornements autour de son vêtement. Il promettait un respect strict du calendrier électoral et la fin de la transition en août, tout en annonçant 3 mégas projets et près de 163 000 emplois pour 2025. Mais comme souvent, dans ce type de déclaration, j’ai bien peur que la réalité puisse se jouer des promesses (affaire à suivre).
Dans son discours aux allures de déclaration de candidature selon certains analystes, le président Oligui nous a également appelé, nous citoyens, à nous inscrire massivement sur les listes électorales. Dans la foule, cet appel a suscité des interrogations : s’inscrire pour élire qui ? Le même système formaté en nouveau ? Se demandent certains, mais pas moi. Depuis le 30 août, je me pose toujours la question de savoir si cette fois-ci sera différente.
Et sur la toile, c’est désormais la contagion mentale du CTRI. Tout acte posé par le Chef est devenu contagieux. Portée par ses chantres et certains députés désignés, les actions du président de la transition sont expliquées, ré-expliquées aux élèves des réseaux sociaux. Ces kounabélistes d’un nouveau genre, agissant suivant les hasards de l’excitation des internautes, restent presque inaccessibles aux nuances et voient les choses en bloc : “tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles”.
Le nouveau code électoral a été adopté au parlement, ce 14 janvier. Sans rentrer dans les détails, on apprend que les magistrats, les militaires et les comptables publics peuvent candidater aux prochaines élections, et le principe de la séparation des pouvoirs ? A ce propos, un analyste politique dira que « c’est pour mettre un nouveau vernis sur une vieille voiture rouillée ».
Et en parlant de vieux carrosses, la sortie d’Alain Claude Bilie By Nze, de Maganga Moussavou, d’Ondo Ossa et d’Ali Akhbar Onanga, le 8 janvier dernier, est un véritable feuilleton dont les épisodes se suivent et pourraient ne pas se ressembler. Ces figures politiques semblent jouer une certaine version d’un « Quatuor des Réformes », où les promesses non tenues et les propositions farfelues sont leurs véritables protagonistes. À ce rythme, on se demande si cette transition politique ne sera pas finalement une grande farce, wait and see.
Oligui, president actuel, a fixé trois priorités pour 2025 : organiser des élections libres et transparentes, accélérer la relance économique, et lancer un nouveau pacte environnemental. Des élections libres et transparentes dans ce pays ? C’est un peu comme vouloir réaliser un gâteau sans farine. La relance économique ? Sans doute le scénario de la création d’emplois dans le secteur des promesses non tenues, qui sait. Champion de l’environnement, le fameux pacte environnemental, c’est comme essayer de sauver la forêt en plantant des arbres en plastique… Bref, le risque est grand pour le gouvernement de transition de se perdre dans ce labyrinthe de promesses.
À côté de ces “grandes priorités”, il y avait une priorité sous-jacente : celle du remaniement de son équipe gouvernementale, c’est fait ! Je vous laisse à vos commentaires sur ce gouvernement Ndong Sima 3 ou gouvernement de campagne. J’ose espérer que ce n’est pas juste une nouvelle couche de peinture sur un mur qui s’effondre.
Ligne sombre de cette transition : les actes de torture à l’égard de certains citoyens. Rien n’a autant choqué l’opinion publique que les actes de barbarie sur le corps de Johan Bonda. Dans ce feuilleton, le procureur de la République a finalement réagi, indigné par ces actes. Les Gabonais, quant à eux, réclament justice. Ils espèrent que cette fois-ci sera différente… Ou peut-être que non, bref soyons attentifs pour la suite de cette affaire.
Pour faire simple, l’année 2025 pourrait être celle où le Gabon choisit enfin son destin ou celle où il continue de naviguer dans les eaux troubles de l’incertitude politique, voire militaire. Mais au moins, on a de quoi réfléchir… Et rire.
Par Boursier Tchibinda


























