Le 19 juin 2025, lors d’une audience foraine du tribunal de première instance d’Oyem, Blaise Alexis Essono Zue, 50 ans, a été condamné à un mois d’emprisonnement ferme et à 50 000 francs CFA de dommages et intérêts pour violences conjugales infligées à sa compagne, Germaine Nnegue Edou. L’affaire, révélée par L’Union du 21 juin, interroge sérieusement l’efficacité du système judiciaire face à ce fléau.
Les faits remontent à la nuit du 14 mai, à Bitam. L’accusé aurait infligé des violences physiques, psychologiques et morales dans un accès de jalousie. Il a reconnu avoir arraché le téléphone de la victime, tout en niant l’agression physique. Pourtant, les blessures visibles sur la victime et son état émotionnel témoignent d’une détresse profonde causée par des violences conjugales.
Le ministère public, mesurant la gravité des faits, avait requis un an de prison. Une sanction qui aurait été en adéquation avec la loi gabonaise n°006/2021 du 6 septembre 2021 relative à l’élimination des violences faites aux femmes. Ce texte prévoit jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour violences conjugales, y compris psychologiques, et permet des mesures urgentes de protection pour les victimes.
Ce verdict interpelle : un mois de prison est-il suffisant face à des années de souffrances avec ces violences conjugales ? En prononçant une peine si légère, la justice semble reléguer les violences conjugales au rang de simples conflits privés, au mépris de l’impact durable sur les victimes.
Il devient donc impératif de réévaluer les pratiques judiciaires. À travers ses décisions, la justice ne se contente pas de punir : elle transmet un message à la société. Et lorsqu’il s’agit de violences conjugales, ce message ne devrait jamais laisser place à l’ambiguïté.
Par Darlyck Ornel Angwe, journaliste stagiaire


























