Ce vendredi 28 juin 2024, dans une salle de EM Gabon Université bondée de plus de 200 étudiants, le ministère de la Santé, à travers la direction du Programme nationale de santé mentale de lutte contre le tabagisme, alcoolisme et la drogue (PNSMLTAD), en partenariat avec l’Office Central de Lutte Anti-Drogue (Oclad), a organisé en différé la Journée Internationale de la Lutte contre les Drogues. Cet événement, intitulé « Séance de sensibilisation des jeunes sur les dangers de l’usage des drogues à l’occasion de la Journée Internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues », a été marqué par des statistiques mondiales et nationales très inquiétantes.
Selon les données communiquées par le PNSMLTAD, dirigé par sa directrice Dr Renée Ndjaga Enombo, « à l’échelle mondiale, on estime que 205 millions de personnes consomment des drogues illicites et quelques 25 millions sont dépendantes », entraînant diverses conséquences sur la santé.
Parmi les dangers de la consommation de drogues, chez les jeunes comme chez les adultes, figurent des troubles qui augmentent le risque d’autres problèmes de santé comme le VIH/SIDA, l’hépatite, la tuberculose, les maladies cardiovasculaires, les troubles mentaux, ainsi que des comportements pouvant mener au suicide et à la mort par overdose.
« Nous avons sollicité plusieurs structures, mais elles étaient malheureusement soit en période d’examen, soit en fin d’année scolaire. Nous avons eu la chance d’être accueillis par le groupe EM Gabon Université, dont je remercie le président. Vous avez vu qu’ils ont réussi à mobiliser plus de 200 jeunes qui ont suivi avec grand intérêt tout ce que nous avons présenté. Nous avons exposé les conséquences sanitaires des drogues de toutes catégories », a déclaré Dr Renée Ndjaga Enombo.

« À la fin de ces deux présentations, j’ai fait un petit test. J’ai demandé à certains étudiants ce qu’ils avaient retenu. J’ai eu l’agréable surprise de constater qu’ils avaient retenu l’essentiel : la drogue est dangereuse, il ne faut pas commencer, car une fois qu’on consomme, il est difficile d’arrêter. La drogue modifie le comportement en agissant sur le système nerveux et le cerveau, et personne ne veut se laisser manipuler par une substance qui altère son comportement. Nous avons également retenu que la drogue est illicite. Si l’on vous attrape en possession de drogue, quelle que soit la quantité, vous êtes poursuivables. C’est la prison. Ce n’est pas ce que nous souhaitons pour les jeunes », a précisé Dr Enombo.

« C’était un échange très fructueux au regard de l’interaction avec les étudiants. Nous avons principalement informé sur les dangers liés à la consommation de drogues et toutes les déviances associées. Les statistiques de consommation chez les jeunes, notamment chez les jeunes scolarisés, sont malheureusement en perpétuelle augmentation », a indiqué le Lieutenant Mvie Moukagni Guy Noël, chargé des relations extérieures de l’Oclad.
« La consommation de drogues et de stupéfiants a des impacts sur tous les aspects de notre vie, tant sur le plan social que professionnel, et peut conduire directement à la mort, ce qui n’est guère avantageux », a déclaré Evina Jean Jacques, étudiant en licence 1 à l’école de santé de EM Gabon Université.
Les statistiques de consommation de drogues chez les jeunes au niveau national sont très alarmantes. De 2021 à 2022, 162 jeunes scolarisés ont été interpellés, dont 120 élèves consommateurs et dealers et 43 étudiants. Les statistiques actuelles pour 2023 montrent 30 interpellations de jeunes scolarisés, notamment 27 élèves du secondaire et 3 étudiants.


























