Libreville, 23 janvier 2026. Dans un climat social tendu, où l’école gabonaise ressemble à une salle de classe aux bancs désertés, le Président de la République a posé un geste politique fort en désignant le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi comme médiateur de la crise qui secoue le secteur de l’Éducation nationale. Cette mission, à la fois délicate et symbolique, vise à renouer les fils rompus du dialogue entre le Gouvernement et les enseignants réunis au sein du collectif SOS Éducation, afin de favoriser une sortie de crise rapide et apaisée.
L’annonce de cette désignation a été rendue publique par le collectif SOS Éducation, avant d’être confirmée à l’Agence gabonaise de presse par le médiateur lui-même, joint par téléphone. Elle intervient dans un contexte marqué par une rupture prolongée des échanges, où la parole officielle et celle des enseignants se croisent sans réellement se rencontrer, comme deux rives séparées par un fleuve d’incompréhensions.
Selon les responsables du collectif, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a déjà engagé une première prise de contact avec certains de leurs membres, lors d’une rencontre tenue à son domicile. Ce moment d’échanges, décrit comme franc mais chargé d’émotions, a permis aux enseignants d’exposer les racines profondes du malaise. Ils ont notamment évoqué l’absence de véritables négociations à l’issue des assises d’Alibandeng, perçues comme une promesse inachevée, ainsi que des initiatives unilatérales attribuées à des membres se présentant comme fondateurs du mouvement, contribuant à fragiliser l’unité syndicale.
Les discussions ont également porté sur l’intervention de Pierre Mintsa, dont l’implication est jugée controversée par une partie des enseignants, et sur un climat général de concertation qualifié de tendu, voire crispé. À leurs yeux, le dialogue social s’est transformé en monologue institutionnel, nourrissant frustrations et radicalisation des positions.
Face à ces griefs, le médiateur désigné a proposé une approche méthodique, fondée sur la transparence budgétaire de l’État et la hiérarchisation des revendications en fonction des capacités financières réelles du Gouvernement. Une démarche pragmatique, qui se veut un pont entre l’idéal revendicatif et les contraintes économiques, afin de transformer la colère en compromis durable.
Les conclusions issues de cette première rencontre devraient être soumises à l’appréciation de la base lors de l’Assemblée générale prévue ce samedi 24 janvier, au terrain de basket d’Awendjé, à Libreville. Parallèlement, des restitutions sont annoncées dans les Directions d’académies provinciales à l’intérieur du pays. Pour SOS Éducation, cette étape pourrait marquer un tournant décisif, où l’espoir d’un retour en classe se mêle à l’attente d’actes concrets, capables de redonner à l’école gabonaise sa voix, sa sérénité et sa mission fondamentale. Dans les couloirs de l’opinion publique, cette médiation est perçue comme un test de maturité démocratique et sociale. Si elle réussit, elle pourrait ouvrir une nouvelle ère de concertation, où l’écoute l’emporte sur la défiance. À défaut, la crise continuerait de planer sur l’école comme une ardoise jamais effacée, rappelant l’urgence d’un pacte éducatif sincère et durable. Car l’avenir des élèves demeure l’enjeu central, silencieux mais décisif, de ce bras de fer national aux conséquences profondes.










































