Dans une publication datée du 22 février, le docteur Charlemagne Ouedraogo, gynécologue-obstétricien, a appelé à briser le silence autour des condylomes, communément appelés verrues génitales. Derrière la gêne et les tabous, se cache pourtant une infection sexuellement transmissible fréquente, liée au Virus du papillome humain (HPV).
Chez l’homme, ces lésions se présentent sous forme de petites excroissances cutanées, parfois regroupées en amas évoquant un « chou-fleur ». Elles peuvent apparaître sur le pénis, le gland, le scrotum, autour de l’anus ou, plus rarement, dans la région pubienne. Si elles sont le plus souvent associées aux HPV de type 6 et 11 — généralement non cancérigènes — leur caractère bénin ne doit pas conduire à la négligence.
« Les condylomes sont une infection sexuellement transmissible très fréquente, souvent banalisée, mais qui mérite une attention médicale sérieuse », rappelle le spécialiste. La transmission s’effectue principalement par contact peau à peau lors des rapports sexuels. Un homme peut ainsi être porteur du virus sans présenter de symptômes visibles et le transmettre à sa partenaire sans en avoir conscience. Cette dimension silencieuse favorise la propagation de l’infection et renforce la nécessité d’une information claire et accessible.
Même indolores, les condylomes demeurent contagieux. Ils peuvent croître, se multiplier et récidiver après traitement. D’où l’importance d’une consultation précoce pour confirmer le diagnostic et bénéficier d’une prise en charge adaptée. Les options thérapeutiques sont multiples : traitements locaux, destruction chimique, électrocoagulation ou encore cryothérapie. Le choix dépend de la localisation, du nombre et de l’évolution des lésions.
Sur le plan préventif, le préservatif permet de réduire le risque de transmission sans toutefois l’annuler totalement, le virus pouvant être présent sur des zones non couvertes. La vaccination contre le HPV constitue aujourd’hui un outil majeur de prévention, tout comme l’adoption de comportements sexuels responsables.
En rappelant que « toute lésion génitale anormale mérite une consultation », le Pr Ouedraogo invite à considérer la santé sexuelle comme une composante essentielle de la santé globale. Parler des condylomes, c’est refuser la stigmatisation et choisir la responsabilité. Car dans le domaine médical, le silence protège rarement ; il retarde le diagnostic, complique la prise en charge et entretient l’ignorance là où l’information pourrait prévenir.