À l’approche de la rentrée parlementaire du 2 mars, un groupe de députés issus de petits partis politiques et d’indépendants a lancé une alerte anonyme à l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), force dominante à l’Assemblée nationale gabonaise. Dans des messages largement relayés sur les réseaux sociaux, ils exhortent l’UDB à « tempérer son appétit gargantuesque » et à appliquer scrupuleusement le règlement intérieur dans la répartition des postes au sein des commissions, des missions parlementaires et des autres organes internes.
Selon Gabonactu, les auteurs de ces messages mettent en garde contre la désignation discrète des députés appelés à représenter le Gabon au Parlement de la CEMAC, estimant que les textes en vigueur n’auraient pas été respectés. Bien que l’UDB détienne environ les deux tiers des sièges à l’Assemblée nationale, les députés de minorités rappellent que des mécanismes institutionnels existent afin d’éviter qu’une majorité ne réduise au silence les voix dissidentes. Ils citent notamment le groupe du Parti démocratique gabonais (PDG), le groupe du Front patriotique et le groupe UFRI comme des acteurs légitimes issus du suffrage universel.
« Une majorité stable est un facteur de gouvernabilité. Mais une minorité respectée est un gage de crédibilité démocratique », écrivent-ils dans un communiqué diffusé par Gabonactu.com. Les signataires demandent que le président de l’Assemblée nationale veille rigoureusement à ce que chaque sensibilité politique soit représentée au sein de la Conférence des présidents, des commissions permanentes, des bureaux des commissions, des missions d’information ainsi que des commissions spéciales.
Ils soulignent par ailleurs que les délégations externes – institutions constitutionnelles, autorités administratives, organismes publics et missions internationales – doivent refléter la configuration politique réelle de l’Assemblée nationale. Les auteurs insistent sur le fait que les députés indépendants sont élus au même titre que ceux des partis politiques et ne sauraient être effacés des organes internes ni exclus des représentations extérieures.
« Ne pas tenir compte du règlement intérieur ferait de l’actuelle Assemblée nationale une simple chambre d’enregistrement », avertissent-ils, appelant à une application équitable des textes afin de préserver l’équilibre institutionnel et la crédibilité du débat parlementaire à l’aube de la nouvelle session.










































