L’interpellation récente de Mfoumou Ngoyo, un jeune homme de 19 ans, par les forces de l’ordre du commissariat central de Franceville, met en lumière une problématique récurrente : l’efficacité des mesures de clémence face à la récidive immédiate. Ce délinquant, impliqué dans une vague de vols dans le quartier résidentiel d’Ongouégné, a été arrêté peu de temps après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle, un fait qui trouble profondément l’opinion publique et ses proches.
Mfoumou Ngoyo opérait par effraction ou vol à la tire dans les domiciles du 2ᵉ arrondissement. La gravité de son dernier acte, une agression physique ayant causé des blessures sérieuses à un citoyen s’opposant à son méfait, justifie son écrou immédiat en attente de jugement pour vols multiples et coups et blessures volontaires.
L’incompréhension réside dans le contexte de sa libération. Une grâce présidentielle est censée offrir une seconde chance, un tremplin vers la réinsertion sociale. Le fait que le jeune homme soit retombé dans la criminalité avec une telle rapidité suggère un échec des dispositifs d’accompagnement post-libération. L’absence de suivi socio-éducatif structuré ou une incapacité à rompre avec l’environnement qui favorise la délinquance sont des facteurs probables. Pour un multirécidiviste de 19 ans, la réinsertion nécessite plus qu’une simple libération administrative ; elle exige un encadrement rigoureux.
Face à cette situation, des solutions doivent être envisagées pour renforcer le système judiciaire et pénitentiaire gabonais. Premièrement, il est impératif de renforcer l’évaluation psychologique et sociale des candidats à la grâce présidentielle afin de cibler les mesures de clémence vers ceux qui montrent un potentiel réel de changement. Deuxièmement, et c’est le point crucial, toute libération anticipée ou grâce doit être conditionnée par un programme de réinsertion obligatoire et suivi de près (formation professionnelle, aide au logement, suivi psychologique).
L’arrestation de Mfoumou Ngoyo, bien que saluée par la population pour le retour de la sécurité dans le quartier, doit servir de catalyseur pour une réforme des politiques de réinsertion, afin que les actes de clémence présidentielle ne se transforment pas en simples invitations à la récidive.
Par Yann Yorick Manfoumbi


























