La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) traverse une tempête sociale sans précédent. À la barre de cette institution sensible, censée veiller sur l’équilibre des prix et la défense des consommateurs, se trouve Fabrice Andjoua Bongo Ondimba. Pourtant, ce nom résonne davantage comme une ombre que comme une présence réelle. Sa photo trône sur le site officiel, mais dans les couloirs de l’administration, son absence est aussi flagrante qu’un soleil voilé par les nuages rappelle notre confrère de Top Info Gabon.
Depuis sa nomination, voilà plus de deux ans, Fabrice Andjoua incarne, aux yeux de nombreux agents, le symbole d’un pouvoir hérité et non conquis. Là où d’autres ont su prouver leur mérite par l’effort, il apparaît comme ce « fils à Maman », installé au sommet sans avoir gravi les marches de l’expérience. Une figure d’apparat, mais sans souffle, dont la gestion ressemble à une barque laissée à la dérive sur un fleuve tumultueux.
Cette inertie a fini par engendrer un blocage généralisé. Les agents, las d’attendre des réponses qui ne viennent jamais, ont déclenché une grève illimitée. Leur syndicat, le SAACCRF, dénonce un « mépris institutionnalisé » face aux revendications, parmi lesquelles la stagnation des carrières, la suspension des primes, une décote salariale de 30 %, le gel des titularisations et le retard dans la régularisation des recrues de 2021. Autant de plaies béantes qu’aucun pansement administratif ne vient soigner.
Après plus de deux mois de discussions infructueuses, les agents n’ont eu d’autre choix que de brandir l’arme ultime : la paralysie du service. Un mouvement qui sonne comme un cri d’alarme face à l’indifférence de leur direction. « Il est temps que l’État nous entende », lance un gréviste, tel un écho au désespoir collectif d’une administration à bout de souffle.
Les regards se tournent désormais vers le ministre de l’Économie et même vers le chef de l’État. Car l’absence de solutions risque de transformer la DGCCRF en coquille vide, incapable d’assumer son rôle vital dans la régulation du marché.
Derrière ce chaos, c’est la figure de Fabrice Andjoua qui cristallise les critiques. Son parcours ressemble moins à une ascension qu’à une transmission héréditaire. Là où d’autres se sont battus comme des gladiateurs pour arracher leur place, lui a reçu son trône sur un plateau doré. Mais à force de briller par son effacement, il incarne désormais le visage d’un directeur « fantôme », incapable d’apporter autre chose que le silence aux cris de ses agents.


























