Le président des États-Unis d’Amérique, Joseph Biden, a annoncé le 30 octobre dernier son intention de mettre un terme à la participation du Gabon au programme commercial de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa), à compter du 1er Janvier 2024 vu l’incapacité des nouvelles autorités du Comité pour la Transition et la restauration des institutions (CTRI) à instaurer le pluralisme politique et à rétablir l’État de droit. Une pression supplémentaire sur le président de la transition Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le Gabon n’a d’ordinaire jamais fait l’objet de tant d’attention de la part des États-Unis, même dans les heures les plus sombres de la dictature d’Ali Bongo Ondimba en 2016 lors du coup d’État électoral et le bombardement du QG de Jean Ping par son armée.
En effet, environ une semaine après la décision de suspendre totalement leur aide au Gabon, voici que Joe Biden en ‘remet une couche » en annonçant le 30 octobre son dessein de mettre un terme à la participation du pays au programme commercial de l’African Growth and Opportunity Act, dès le 1er Janvier 2024. C’est dans un courrier adressé à la chambre des représentants américains que Biden a déclaré que le Niger et le Gabon sont tous deux actuellement sous le régime de juntes militaires arrivées au pouvoir lors d’un coup d’Etat ne sont pas éligibles pour rejoindre l’Agoa parce qu’ils « n’ont pas établi ou ne sont pas en mesure d’établir la protection du pluralisme politique et de l’État de droit« .
Les États-Unis sont dans leur logique de sanction contre le Gabon, eux qui avaient déjà pris des mesures en début septembre suite au changement de régime au Gabon. Pour Washington, le pays éprouverait des difficultés à rétablir l’ordre constitutionnel dans l’intérêt du peuple. Le comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) n’arrive visiblement pas à convaincre les américains sur les objectifs du coup de « liberté » malgré les efforts répétés du président Oligui Nguema.
L’Agoa est un programme commercial lancé en 2000 par l’administration de Bill Clinton, et a pour but de fournir aux pays de l’Afrique subsaharienne un accès en franchise des droits des États-Unis pour plus de 1800 produits. Son expiration est prévue pour septembre 2025, mais des discussions sont déjà en cours pour savoir s’il faut le prolonger et pour combien de temps.
Le Burkina Faso, la Guinée et le Mali, des régimes à caractère militaire, ont été suspendus de l’Agoa pour les mêmes raisons l’année dernière qui planent sur le Gabon.
Que peut-on penser de l’acharnement des États-Unis sur les nouvelles autorités du Gabon? Pourquoi ces mêmes américains n’ont pas eu le même acharnement en 2016 lors du passage en force par un coup d’Etat institutionnel d’Ali Bongo marqué par un bombardement du QG de l’opposant de naguère Jean Ping, et par des pertes en vie humaines? Les États-Unis sont-ils vraiment au fait des aspirations du peuple gabonais?
Par Breck Fredo Ndjounga Ngoungoulou










































