Le projet de construction de la route Ndendé–Tchibanga, long de 90,75 km, cristallise les espoirs et les frustrations liés à l’aménagement du territoire au Gabon. Lancé en 2013, ce chantier ambitieux visait à désenclaver la province de la Nyanga, en facilitant les échanges économiques et la mobilité entre Ndendé et Tchibanga. Près de douze ans plus tard, l’infrastructure est toujours inachevée, ponctuée d’interruptions prolongées et de promesses non tenues.
Les enjeux sont pourtant multiples. Sur le plan économique, cette route constitue une artère vitale pour le transport des produits agricoles et la dynamisation du commerce local. Elle permettrait également une meilleure desserte des zones touristiques et une stimulation de l’investissement privé. Du point de vue social, elle est synonyme de désenclavement : accès facilité aux services de santé, à l’éducation et aux opportunités professionnelles pour les populations rurales.
Après huit années de paralysie, les travaux ont brièvement repris en décembre 2023, avant d’être de nouveau suspendus en fin 2024, faute de financement. L’entreprise chinoise Covec, en charge du chantier, maintient une activité minimale grâce à une réserve de matériaux suffisante pour achever 15 km. Mais une dette étatique de près de 20 milliards de FCFA freine toute relance sérieuse. Lors de sa visite en juillet 2025, le ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, a promis des mesures correctives pour sortir le projet de l’impasse.
Au-delà d’un simple axe routier, Ndendé–Tchibanga incarne une vision d’intégration territoriale et de gouvernance efficace. Sa finalisation serait un signal fort de l’engagement du gouvernement envers ses citoyens, et un levier pour propulser le sud du Gabon vers un développement durable.


























