Libreville, le 19 septembre 2025 – À Akanda comme à Libreville, les entrepreneurs ont le sentiment d’évoluer dans une jungle où les agents municipaux ne sont pas des gardiens de la loi, mais des prédateurs administratifs. Contrôles inopinés, amendes arbitraires, sanctions sans texte : l’initiative privée est ligotée, rançonnée, prise en otage par une bureaucratie devenue elle-même hors-la-loi. Ces tracasseries municipales paralysent le quotidien des créateurs de richesse et freinent l’élan entrepreneurial.
« On ne sait même pas en réalité pourquoi on paie autant, quand on voit l’état de la ville », lâche, amer, un jeune entrepreneur basé à Akanda. Ses mots résonnent comme un cri d’alarme. Car dans cette ville, l’entrepreneur ne bâtit pas : il survit. Les contrôleurs, armés d’ordres de mission vides de tout barème clair, débarquent comme des cow-boys du désordre, multipliant les amendes sans explication.
Et le pire, c’est que leurs équipes ne communiquent pas : en une seule semaine, trois brigades différentes peuvent contrôler le même document. Un entrepreneur d’Akanda résume cette absurdité d’une phrase assassine : « Être à jour ne dépend pas de la loi, mais de l’humeur du contrôleur. » Voilà le visage d’une mairie qui préfère la répression à la pédagogie, et le racket au service public.
Ces tracasseries municipales sont plus qu’un problème administratif : elles sont un poison économique. Elles cassent l’élan, tuent l’envie d’investir et fragilisent les petites entreprises, pourtant vitales pour la croissance et l’emploi. Dans un pays où l’on parle de relancer l’économie, comment accepter que les créateurs de richesses soient traités comme des suspects permanents ?
Aujourd’hui, entreprendre à Libreville ou à Akanda, c’est avancer les mains liées, avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Et tant que les règles resteront opaques, l’administration locale sera perçue non pas comme un partenaire, mais comme un prédateur.
La Cinquième République a promis une rupture : une administration au service du citoyen, et non l’inverse. Les entrepreneurs attendent des actes clairs :
Clarté réglementaire : une liste officielle, publique et définitive des taxes, amendes et conditions par secteur. Fini le flou qui nourrit l’arbitraire.
Digitalisation : une plateforme unique, accessible à tous, où chaque entrepreneur peut vérifier sa situation et obtenir un certificat opposable à tous les contrôleurs.
Sensibilisation avant sanction : des contrôleurs formés à conseiller, prévenir et accompagner, et non à tendre la main pour encaisser.
C’est cela que nous voulons dans la Ve République : une mairie qui construit, pas qui détruit. Une administration qui éclaire, pas qui étouffe.
Tant que les agents municipaux continueront à se comporter comme des percepteurs d’humeurs, le climat des affaires restera plombé par ces tracasseries municipales. Il est temps que la mairie sorte de son rôle de gendarme du quotidien pour devenir un moteur du développement local. Car comme le dit un proverbe à Lambaréné :
« Quand la maison brûle, on n’ajoute pas du bois, on apporte de l’eau. »
Aujourd’hui, nos entrepreneurs n’attendent plus des flammes supplémentaires, mais des solutions. Les tracasseries municipales doivent cesser pour que l’initiative privée retrouve enfin la liberté de créer et de prospérer.
Par Darlyck Ornel Angwe


























