Comme on le dit dans l’adage de la sagesse populaire, il n’y a rien de grand sans sacrifice. Cette assertion s’est vérifiée le vendredi 18 août 2023 avec le candidat consensuel de l’opposition, Albert Ondo Ossa, candidat indépendant dont le choix élimine de facto tous les députés, si le mot d’ordre est suivi, dans le système de bulletin unique, face à Ali Bongo Ondimba. C’est aussi une stratégie très risquée qui nécessite des sacrifices jusqu’au bout de tous les autres candidats qui ont renoncé à leurs ambitions.
Le choix de l’indépendant à la présidentielle 2023, le Professeur Albert Ondo Ossa, comme candidat consensuel de l’opposition a été un sacrifice énorme pour le camp majoritaire de l’opposition, réuni au sein de la plateforme Alternance 2023, car les députés de leur bloc pourraient arrêter de participer aux législatives du 26 août 2023, si le mot d’ordre de voter Albert Ondo Ossa est suivi. Le bulletin unique introduit par Michel Stéphane Bonda, à quelques jours des élections générales, les oblige à voter le candidat indépendant, Albert Ondo Ossa, sans voter les députés.
Le choix des députés aurait été très simple avec Paulette Missambo ou Alexandre Barro Chambrier dont les députés se seraient retrouvés sur le même bulletin que leur candidat, à la présidentielle 2023, dans le système du bulletin unique.
En effet, l’opposition a balayé d’un revers de la main ce schéma très simple qui donnerait l’avantage à leur adversaire Ali Bongo Ondimba. L’opposition réunie au sein de la plateforme Alternance a choisi de tout miser sur le candidat à la présidentielle 2023, Albert Ondo Ossa, dans l’espoir de la dissolution du Parlement dès son élection à la magistrature suprême. Les présidents candidats et les députés vont devoir tous soutenir le candidat Albert Ondo Ossa comme candidat consensuel.
Des engagements francs et sans arrangements d’arrière boutique
Les très longues tractations, efforts et renoncement des ambitions personnels qui ont conduit au choix du candidat à la candidature de l’opposition Albert Ondo Ossa imposent aux uns et aux autres d’être francs dans leurs engagements jusqu’au bout.
Les moyens financiers, logistiques et surtout humains que Alexandre Barro Chambrier, Mike Jocktane et les autres ont investi dans leurs tournées à travers l’hinterland devraient désormais être mis au services du candidat consensuel Albert Ondo Ossa s’ils souhaitent véritablement peser face au candidat Ali Bongo Ondimba. Ce dernier a d’ailleurs souvent été clair devant la presse : “Si les Gabonais veulent bien de ma candidature, ils pourront bien la soutenir par des petites contributions”. Cet appel s’adresse aux Gabonais lambda mais aussi aux membres d’Alternance 2023 dont Mike Jocktane, à Alexandre Barro Chambrier, à Paulette Missambo, à Raymond Ndong Sima et Thérence Gnembou Moutsona.
Ali Bongo Ondimba bien préparé face à un candidat inconnu des Gabonais
Le choix d’Albert Ondo Ossa a été une très grande surprise pour plusieurs partisans de l’opposition. Bien qu’enseignant émérite, Albert Ondo Ossa n’était pas très attendu et n’est pas très connu du grand public malgré son passage au gouvernement sous l’ère d’Omar Bongo Ondimba. Dans la situation actuelle, l’opposition aura besoin de tous les journalistes et les communicateurs sans préférence partisane pour essayer de lui donner plus de visibilité.
Ali Bongo Ondimba, le candidat sortant et le favori de la présidentielle 2023, est très connu des Gabonais, malgré cela il a suffisamment investi dans la communication à tous les niveaux. Les grandes villes du pays sont habillées par ses affiches et posters. Les réseaux sociaux et les sites web d’actualités sont regroupés pour chanter à sa gloire. C’est une stratégie face à laquelle l’opposition réunie autour d’Albert Ondo Ossa va devoir faire face. L’opposition traîne dans sa communication souvent très partisane et non structurée.
Après le choix de son candidat consensuel, l’opposition devrait capitaliser sur le projet de société de celui-ci et compter sur sa maîtrise des dossiers socio-économiques et politiques. Outre cet aspect, tous les autres candidats qui ont fait le tour du pays devraient donner le mot d’ordre en sa faveur pour qu’au soir du 26 août 2023 quelque chose soit espéré dans les résultats. Toutefois, une stratégie tournée vers le Centre gabonais des élections (CGE) et la Cour constitutionnelle doit être trouvée, car ces institutions ne sont pas toujours acquises à leur cause au regard de la jurisprudence de 1993, 1998, 2005, 2009 et 2016. Le sacrifice des députés par la plateforme Alternance 2023 en choisissant le candidat consensuel de l’opposition Albert Ondo Ossa doit payer en fin de compte pour soulager les uns et les autres.


























