Les choses semblent empirer de jour en jour pour la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) entre vandalisme et recours aux pays voisins. Les autorités gabonaises et les responsables de l’entreprise cherchent constamment des solutions pour résoudre les problèmes de fourniture d’eau et d’électricité.
C’est dans ce contexte qu’en marge de la 6ème session extraordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), tenue récemment à Malabo en Guinée Équatoriale, le président de la transition a obtenu 10 MW de la Guinée Équatoriale pour compenser la fourniture d’électricité dans la province du Woleu Ntem.
Le Gabon, un pays riche en cours d’eau susceptibles d’être exploités pour fournir de l’énergie, se retrouve aujourd’hui réduit à recourir à de telles solutions.
Nous constatons combien le régime précédent n’avait aucun amour pour le pays, laissant de grands projets demeurer au stade d’éléphants blancs.
Le lundi 10 février, la situation s’est encore détériorée avec un acte de vandalisme chez l’un des fournisseurs de gaz de la SEEG, la société Perenco Oil & Gas Gabon. Cet incident a contraint la SEEG à réduire au maximum la fourniture d’énergie.
La SEEG doit faire face à de nouvelles perturbations dans l’alimentation en gaz de ses centrales thermiques, suite à un acte de vandalisme survenu sur le site d’Owendo, compromettant temporairement la distribution de cette ressource essentielle à la production d’électricité.
Un acte de vandalisme ciblé
Lors d’une ronde de routine, Dieudonné Kassa, employé de Perenco, a découvert l’incident. À son arrivée sur le site, il a immédiatement remarqué une anomalie : une chute de pression inhabituelle dans les équipements d’acheminement du gaz.
Après inspection, le constat était sans appel : le câble principal d’alimentation avait été sectionné, signe manifeste d’un acte de malveillance. « Notre agent en service à Alenakiri a signalé dans la nuit à notre chef d’équipe qu’il avait remarqué une baisse de pression. C’est en arrivant au petit matin que nous avons constaté que toute la station était plongée dans l’obscurité », a déclaré Dieudonné Kassa, instrumentiste à Perenco.
Des réparations complexes en cours
Si les auteurs de ce sabotage restent inconnus, les équipes techniques de Perenco se sont immédiatement mobilisées pour évaluer l’étendue des dégâts et engager des travaux de réparation. Un processus complexe, mais que l’entreprise entend mener avec diligence afin de rétablir l’alimentation en gaz dans les plus brefs délais.
« Ils ont sectionné les câbles à un niveau précis situé entre l’arrivée de la SEEG et le départ de notre groupe. Ils ont donc coupé le câble pour empêcher l’alimentation complète de nos instruments. Après le sectionnement, les onduleurs et les batteries ont pris le relais, mais ils n’ont qu’une autonomie de trois heures et c’est avec cela que nous avons pu pallier le problème », a clarifié Sosthène Lessayi Chaley, responsable du site gaz Perenco.
Des conséquences directes sur la production d’électricité
La SEEG subit une réduction de son approvisionnement en gaz, ressource indispensable à ses centrales thermiques, en première ligne des conséquences de cet acte. Résultat : une baisse de la capacité de production électrique, impactant directement les ménages et les entreprises du Grand Libreville, déjà confrontés à des épisodes récurrents de délestage.
« En premier plan, nous avons une dégradation de la qualité de service, et vu que nous avons une réduction de la production de près de 40 MW, cela a conduit à un délestage plus accentué », précise Felipe Marte Larsen, chef de service production thermique SEEG.
Un réseau électrique sous tension
Cet incident illustre une fois de plus la complexité de la gestion énergétique au Gabon. Trop souvent pointée du doigt pour les délestages, la SEEG rappelle que ces perturbations ne relèvent pas uniquement de sa responsabilité.
La fragilité des infrastructures énergétiques, l’interdépendance entre les acteurs du secteur et désormais des actes de vandalisme assimilables à du sabotage organisé, constituent autant de défis pesant sur la stabilité de la fourniture en électricité.
En cette période où la demande en électricité est immense et que les plaintes fusent de toutes parts, cette situation ternira davantage les services de la SEEG, qui peine à conserver sa crédibilité auprès des populations.
Il est crucial que les solutions envisagées par les autorités pour réduire les conséquences de ces nombreux manquements soient rapidement mises en œuvre.
Par Max Delys Robaky


























