Le village de Guidouma, situé à 55 km de Fougamou, pleure la disparition tragique de Koumba Nguema, un jeune homme de 25 ans, emporté par les eaux tumultueuses de la rivière Doubandzi ce week-end écoulé. Cet événement dramatique met en lumière un problème alarmant : le manque d’infrastructures sécurisées pour les traversées fluviales en milieu rural.
Une traversée fatale
Selon nos confrères du quotidien L’Union, Koumba Nguema revenait d’une expédition de chasse avec des compagnons du village lorsqu’il s’est retrouvé face à une rivière gonflée par plusieurs jours de pluies torrentielles. Le passage habituel, un tronc d’arbre fragile, était entièrement submergé. Face à l’urgence de rentrer, il a tenté la traversée en premier, avant d’être happé par la force du courant. Impuissants, ses compagnons ont assisté, désemparés, à la disparition brutale de celui qui, quelques instants plus tôt, partageait encore avec eux les joies d’une chasse fructueuse.
Malgré des recherches incessantes menées par la communauté et les autorités, son corps n’a été retrouvé que trois jours plus tard, lorsque les eaux ont baissé. Son absence laisse un vide immense, mais elle résonne aussi comme un signal d’alarme : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant que des solutions durables ne soient mises en place ?
Un défi quotidien pour les populations isolées
Ce drame rappelle une réalité souvent ignorée des grandes agglomérations : l’insécurité des traversées fluviales en zones reculées. Dans des régions comme le département de Tsamba-Magotsi, les habitants sont totalement dépendants des éléments naturels, contraints d’improviser des moyens de passage souvent dangereux.
Les rivières en crue deviennent des barrières infranchissables, obligeant les populations à prendre des risques inconsidérés pour accéder aux soins, à l’école ou simplement rentrer chez elles. Et le cas de Koumba Nguema n’est pas isolé : combien d’autres tragédies restent invisibles, faute de médiatisation ou de réponse efficace des autorités ?
Les familles endeuillées, les communautés affectées, les habitants exposés ne demandent pas l’impossible. *Un pont rudimentaire, une passerelle en bois sécurisée, une alerte météo efficace : autant de mesures simples qui pourraient sauver des vies.
La solidarité comme réponse : entre mémoire et responsabilité
Si la rivière Doubandzi a emporté une vie, elle ne doit pas effacer les souvenirs ni freiner l’engagement collectif. À Guidouma, les habitants se mobilisent pour honorer la mémoire de Koumba Nguema et interpellent les autorités sur l’urgence d’agir. Une vie de moins est une alerte de trop.
Face à ce constat, plusieurs pistes doivent être envisagées :
Un plan d’aménagement des passages fluviaux en zones rurales, avec des infrastructures adaptées aux réalités locales.
Une campagne de sensibilisation sur les risques de traversée en période de crue, afin de prévenir de nouveaux drames.
Un engagement plus fort des collectivités et des Ong, qui pourraient apporter des solutions techniques et matérielles accessibles.
Ce drame ne doit pas rester une statistique ni une tragédie isolée. Il doit être un appel à la solidarité et à l’action, afin que la prochaine traversée d’une rivière ne soit plus une question de vie ou de mort


























