Dans un propos libre parvenu à notre Rédaction, le Citoyen Joël Ngoueneni Ndzengouma fait une analyse de sa participation de vœux au Président de la République ainsi qu’à son épouse sur la nécessité d’une refondation de la République lors du Dialogue national autour des valeurs de la vérité et de la justice comme évoquées par la présidente du Sénat Paulette Missambo. Lecture !
J’ai assisté, ce jour, le 4 janvier 2024, au Palais Rénovation, à la cérémonie de présentation des voeux au Général Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la Transition, Président de la République, Chef de l’État gabonais, et à Zita Oligui Nguema, son épouse. Au programme, plusieurs discours ont façonné la trame de fond de cette rencontre. Au-delà des voeux formulés, plusieurs idées ont été mises en exergue.
Personnellement, j’ai noté que la réponse du Président de la Transition, à Raymond Ndong Sima, Premier Ministre de la Transition, a permis, au Chef de l’État, d’afficher une ferme volonté de faire respecter le calendrier de la Transition. Le Président de la Transition a dit : »il nous reste vingt (20) mois.’‘ J’ai aussi retenu sa réponse à Monseigneur Jean Patrick Ibaba, à propos de la Transparence et de la Souveraineté du Dialogue national à venir.
Le Chef de l’État a laissé entendre qu’il reviendra à Jean Patrick Ibaba, l’Archevêque Métropolitain de Libreville, en tant que Président du Dialogue national inclusif, de faire en sorte que cette grande messe soit transparente et souveraine. En d’autres termes, sauf erreur de compréhension, ce sera la conduite des Assises de cette rencontre nationale qui va déterminer le statut et le sort des Actes dudit Dialogue.
En plus de ces deux (2) préoccupations, j’ai trouvé pertinente l’exhortation de Mme Missambo Paulette, Présidente du Sénat de la Transition. Elle a eu le courage politique et le mérite de dire clairement, au Président de la Transition, que la réconciliation nationale ne peut être qu’une résultante de la vérité et de la justice. D’où le vœu de voir créer, lors des Assises du Dialogue national inclusif, une Commission Vérité, Justice et Réconciliation.
A propos de cet épineux dossier, chacun est en droit de se faire sa propre opinion, pour en tirer une analyse permettant de mieux aborder les futures étapes de la Transition.
Pour ma part, j’ai toujours pensé et affirmé que, le maintien de l’ordre ancien, en gardant le pays dans le déni, la légèreté, l’injustice, le mensonge et l’application des schémas et méthodes ayant montré leurs limites, ne peut pas nous permettre de bâtir une démocratie ou un développement durable et enviable. C’est malheureusement dans cet état d’esprit que certains, surtout ceux qui ont peur de rendre des comptes, veulent que la refondation du Gabon, notre cher pays, se fonde et se fasse.
Or, faire le diagnostic, sans complaisance aucune, est justement un résultat attendu, par la majorité des Gabonais.
Sans aucun doute, il y a, dans l’opinion majoritaire, une exigence de voir le Dialogue national inclusif analyser les principaux majeurs du régime déchu, sans faux-fuyants, en examinant les évènements passés, avec courage, honnêteté et pragmatique.
Il y a surtout le besoin de savoir et de comprendre ce qui s’est passé (qui a fait quoi; quand; pourquoi; comment; où; à quel coût ou prix ?), afin d’étudier, en toute objectivité, les pistes de solutions, pour que jamais, et plus jamais, nous ne retombions dans ces travers.
Ce sera déjà là un bon point de départ, pour espérer vider, même a minima ou progressivement, les contentieux d’autrefois laisser en suspens.
Ce geste salutaire aura le mérite d’éloigner les énergies négatives, accumulées dans les coeurs meurtris, et de conjurer les malédictions, les imprécations et les mauvais sorts, lancés contre le pays. Ce sera, à n’en point douter, un acte fort et bénissant de notre vivre ensemble, une onction dynamisante pour notre démocratie et un moteur catalysant de notre développement. A partir de là, l’atmosphère de la gouvernance du Gabon pourrait désormais reposer sur des bases et des motivations saines et vraies.
Et pour reprendre, à mon compte, le souhait de l’Archevêque de Libreville, Monseigneur Jean Patrick Ibaba, je dirai que c’est surtout à ce niveau que le Dialogue national doit être transparent et souverain.
Faire autrement pourrait être compris comme étant une affirmation tendant à dire, à la face de la Nation et de l’opinion internationale, que tout à changer au Gabon, pour ne pas changer.
Pour ma part, je continue à dire et à croire que l’Afrique du Sud de Nelson Mandela a montré la voie, en matière de réconciliation nationale et de relance du vivre ensemble. A l’instar de ce qui s’est fait, dans ce pays, les Gabonais gagneront à rebâtir sur ce fondement. Servons-nous de ce qui a marché chez les autres.
N’ayons pas peur de nous dire la vérité; de rendre ou de faire justice à ceux qui ont été opprimés, de nous pardonner les uns les autres, en vue d’essayer de mieux faire, pour remettre le Gabon sur de bons rails.
Par Joël Ngoueneni Ndzengouma, un patriote au service de Dieu et des humains.


























