Le projet de contournement du Grand Libreville, censé fluidifier la circulation et soutenir la dynamique urbaine, donc la modernisation, entre dans une nouvelle phase marquée par des modifications substantielles du tracé. L’ajustement de 9 km dans la zone de Bambouchine et l’élargissement entre Bikélé et Bissobinam placent de nouveaux quartiers — dont Batoupou, Baraka, Oveng sur la trajectoire d’éventuelles démolitions.
Si la modernisation des infrastructures est une nécessité dans un pays en pleine mutation, elle ne peut se faire au détriment de la dignité des citoyens. Ces réaménagements, communiqués sans que des garanties claires de compensation ne soient fournies, ravivent des inquiétudes déjà vives liées à des indemnisations précédemment jugées inéquitables ou inachevées.
Deux consultations publiques sont prévues ce jeudi 26 juin à Bambouchine et Bikélé. Mais au-delà des paroles et des promesses, les populations attendent des engagements concrets. Le dialogue ne peut être une simple formalité procédurale ; il doit devenir le socle d’une politique transparente, humaine et participative.
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Il est urgent que les autorités conçoivent un plan de dédommagement clair, équitable et appliqué sans délai. Ce plan devrait inclure l’évaluation juste des biens, le relogement, un accompagnement social ainsi qu’un suivi rigoureux de sa mise en œuvre. C’est à ce prix que le projet du Grand Libreville pourra véritablement symboliser le progrès — un progrès qui n’écrase pas, mais qui élève.
À défaut, cette infrastructure risque de graver une fracture entre ambitions nationales et réalités locales. Le développement du Grand Libreville ne doit jamais être une voie à sens unique.


























