Depuis un mois, les ministres multiplient les bilans et projections, dans un exercice de transparence censé rassurer l’opinion. Au ministère du Commerce, des PME, des PMI et de l’Entrepreneuriat des jeunes, la feuille de route dévoilée illustre l’ampleur des attentes face aux promesses : relancer l’emploi, dynamiser les petites entreprises et offrir des perspectives aux jeunes porteurs de projets.
Le plan s’inscrit dans les grands chantiers de la Ve République, adossé au Plan stratégique sur la construction du nouvel édifice (PSNE) et au Programme national de croissance et de développement (PNCD). Parmi les mesures phares ou promesses figurent la création d’une plateforme numérique de financement, la révision de la loi sur les PME, l’opérationnalisation du Comité national de la sous-traitance et la mobilisation des partenaires financiers. Autant d’initiatives censées accélérer l’insertion professionnelle et stimuler l’entrepreneuriat.
Des projets emblématiques, tels que Un Gabonais un box, Gab-Lub ou Un Gabonais une épicerie, devraient être relancés. Mais leur mise en œuvre reste entravée par des contraintes budgétaires persistantes. L’État peine à dégager les ressources nécessaires, et les délais annoncés cent jours paraissent irréalistes face aux lourdeurs administratives et aux fragilités financières.

Au-delà des ambitions affichées, une critique récurrente s’impose : la faible prise en compte des petits métiers. Couture, restauration, maraîchage ou cordonnerie constituent pourtant un vivier immédiat d’emplois durables et accessibles. Leur marginalisation dans les politiques publiques interroge, alors même qu’ils structurent le tissu économique local et offrent des solutions rapides à la crise de l’emploi.
L’équation est donc claire : comment transformer une feuille de route ambitieuse en actions concrètes et inclusives, dans un contexte budgétaire contraint et une administration souvent lente ? Le volontarisme politique est indéniable, mais il se heurte à des réalités structurelles qui risquent de réduire ces annonces à de simples intentions.
Le ministère joue une partie décisive : convaincre par des résultats tangibles plutôt que par des promesses répétées. Car l’urgence sociale, notamment celle des jeunes en quête d’opportunités, ne tolère plus les demi-mesures.










































