Ce jeudi 13 novembre 2025, dans un contexte inhabituel mais hautement symbolique, la Cour constitutionnelle, sous l’égide de son président Dieudonné Aba’a Owono, s’est transformée en quartier général de la santé publique. Délaissant momentanément ses attributions juridictionnelles, l’institution a accueilli le coup d’envoi de la sixième campagne nationale de lutte contre les cancers masculins, plaçant au cœur des débats cette pathologie qui fauche dans l’ombre : le cancer de la prostate.
La cérémonie a enregistré la présence de personnalités de premier plan, dont Barro Chambrier, vice-président du gouvernement, ainsi que plusieurs membres dudit gouvernement, avec en figure de proue le ministre de la Santé, véritable architecte de cette mobilisation sanitaire.
« Unis par l’unique, au-delà de Novembre Bleu » : Un appel à la cohésion nationale
Sous ce thème fédérateur, l’événement a marqué une volonté de transcender les clivages pour ériger un rempart collectif face à cette menace sanitaire. Le ministre Adrien Mougougou, médecin de formation, a dressé un tableau alarmant de la situation en s’appuyant sur les statistiques de la précédente campagne Novembre Bleu 2024.

Les chiffres dévoilés glacent le sang et interpellent les consciences. Selon le bilan présenté, 5 635 personnes ont bénéficié d’actions de sensibilisation au sein des établissements de santé. Parmi les 3 647 hommes soumis au dépistage, 7,70 % de cas suspects nécessitent une biopsie approfondie, tandis que 8 nouveaux diagnostics de cancers masculins ont été établis.
Si 72,4 % des patients ne présentent aucune anomalie pathologique, les données révèlent néanmoins une situation préoccupante. Sur 2 911 prélèvements PSA réalisés, 12,4 % affichent des taux anormalement élevés, véritables signaux d’alerte qui ne sauraient être ignorés. « Ces données constituent un électrochoc qui exige une réponse immédiate et coordonnée », a martelé le ministre Mougougou.
Le tabou du toucher rectal : Barrière psychologique et péril sanitaire
Le constat est sans appel : la réticence masculine face à l’examen rectal demeure l’obstacle majeur au dépistage précoce. Cette pudeur mal placée, véritable verrou psychologique, conduit inexorablement à des découvertes tardives, compromettant ainsi les chances de guérison et alourdissant le pronostic vital. Il plaide pour une libération des mentalités.
La sensibilisation, clé de voûte d’une stratégie gagnante
Le ministre de la Santé a placé la conscientisation au centre de la riposte nationale. « La bataille contre les cancers masculins, la quête de financements pour alimenter la recherche médicale et la mobilisation des énergies collectives exigent un front uni, soudé et déterminé face à ces pathologies qui déchirent le tissu familial », a-t-il proclamé avec conviction.
Il a appelé à une coalition sans précédent : « L’implication des institutions étatiques, des agences onusiennes, du secteur privé, des organisations associatives et communautaires, ainsi que des familles touchées par la maladie constitue désormais une impérieuse nécessité. Le statu quo n’est plus une option. »
Dieudonné Aba’a Owono : Un parrain engagé pour lever le voile
En tant que parrain de cette sixième édition, le président de la Cour constitutionnelle de transition a fait bien plus qu’une apparition protocolaire. Au-delà de l’offre d’un kit de dépistage, Dieudonné Aba’a Owono a lancé un vibrant plaidoyer à l’ensemble de la gent masculine gabonaise.
Cette sixième campagne marque un tournant dans la lutte contre le cancer de la prostate au Gabon. Une mobilisation qui ne peut plus attendre. Un combat qui nous concerne tous. Parce que vaincre le cancer de la prostate commence par vaincre nos propres peurs.










































