Créé il y a plusieurs mois, l’Institut des Maladies Infectieuses Professeur Daniel Gahouma (IMIPDG) avait pour ambition de dynamiser le secteur de la santé publique au Gabon. Si le projet en lui-même s’inscrivait dans une logique salutaire, la réalité du terrain semble bien moins reluisante. En effet, les agents censés faire tourner l’institution semblent se retrouver aujourd’hui dans une situation pour le moins préoccupante, selon une source proche du dossier.
En gestion des ressources humaines, il est couramment admis que la rémunération constitue un levier essentiel de motivation. Elle garantit la dignité et la stabilité de l’employé. Or, à l’IMIPDG, plusieurs agents affirment exercer leurs fonctions depuis des mois sans percevoir une rémunération chaque fin du mois. L’argent se donne en dent de scie. Un comble dans une structure publique. « Comment peut-on espérer venir travailler sans moyens financiers ? » s’interroge un agent. À cela s’ajoute l’absence de transport mis à disposition du personnel, rendant l’accès au poste encore plus difficile.
Astreintes et primes versées à géométrie variable
À l’instar de nombreuses structures hospitalières, l’IMIPDG dispose d’un système d’astreintes et de primes. Toutefois, ces compensations, censées être attribuées de manière équitable, sont perçues comme arbitraires par une frange du personnel. Plusieurs agents dénoncent une distribution « à la tête du client », où les affinités avec la hiérarchie ou les recommandations d’un haut responsable conditionneraient les montants alloués.
Un cadre administratif flou et informel
Autre point d’achoppement : l’absence de documents officiels encadrant la relation de travail. À l’IMIPDG, certains agents affirment ne disposer ni de prise de service formelle, ni de carte professionnelle, ni même d’attestation de présence au poste. Des pièces pourtant indispensables pour attester de leur appartenance à l’institution. « Il semble qu’obtenir ces documents relève plus des relations personnelles que d’une procédure administrative normale », déplore un employé.
Un appel à l’État et à la hiérarchie
Face à cette situation jugée intenable, les employés, livrés à eux-mêmes et plongés dans une incertitude permanente, lancent un cri d’alarme. Ils interpellent le ministre de la Santé, Dr Adrien Mougougou, ainsi que la direction générale de l’IMIPDG, dont l’absence de réaction alimente l’incompréhension et la frustration du personnel












































