Une fois encore, un séminaire de formation pour les journalistes se déroule à Mouila, chef-lieu de la province de la Ngounié, du mercredi 16 au vendredi 18 octobre 2024. Cette initiative conjointe de la Haute autorité de la communication (HAC) et du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) pose une question lourde de sens : pourquoi certains médias semblent-ils être systématiquement privilégiés, tandis que d’autres demeurent dans l’ombre ?
Derrière le paravent d’une sélection soi-disant neutre, se cache une réalité cruelle, une injustice silencieuse. Une poignée de médias, toujours les mêmes, bénéficie de ces formations prestigieuses, laissant les autres à l’écart, comme de simples figurants dans une pièce où ils devraient être acteurs à part entière. On s’interroge : quels sont les critères véritables sur lesquels se fonde la HAC pour déterminer les journalistes qui méritent une formation ? Cette question, lancinante, hante les esprits de nombreux responsables de médias, d’autant plus que la HAC exige de chacun d’eux une mise à jour rigoureuse pour figurer dans le registre des organes de presse accrédités à exercer dans le pays.
De Lambaréné, lors de la formation pré-électorale de 2023, aux États-Unis pour des stages spécialisés, jusqu’à Mouila aujourd’hui, une constante demeure : les élus de la formation semblent immuables. Les autres, relégués aux marges, doivent se résoudre à former leurs équipes par leurs propres moyens, hors des circuits orchestrés par la HAC et ses partenaires.
Cette situation, lourde de sous-entendus, traduit une forme de marginalisation institutionnelle. Ceux qui sont mis à l’écart risquent de subir, paradoxalement, les foudres de la même institution qui les prive de l’accès à ces apprentissages indispensables. S’ils osaient contredire ou ignorer les directives qu’ils n’ont pas été invités à maîtriser, la sanction serait inévitable.
Ainsi, la haute instance de régulation semble avoir ses chouchous. Une injustice qui ne dit pas son nom, mais qui se fait sentir, telle une brise froide. En définitive, dans cette mascarade, toujours les mêmes sont choisis, et les autres sont condamnés à se débrouiller seuls.
Par Roland OLOUBA OYABI, Directeur de Publication de Gabon Mail infos, diplômé de l’École supérieure de Journalisme de Lille et de l’Université de Lille et diplômé en Management des organisations de l’Université de Johannesburg


























