Le 27 septembre 2025 prochain s’annonce comme une grande moisson démocratique pour les élections jumelées. Pourtant, à trois mois de cette échéance cruciale, les sillons restent muets, les semeurs hésitent, et les chants de campagne ne percent toujours pas le silence des collines.
Dans les villes comme dans les villages, les pas sont feutrés, les palabres rares, les couleurs fanées. L’agora politique, d’ordinaire vibrante à l’approche de telles joutes, semble plongée dans un long sommeil d’entre-saison, comme si les tambours électoraux attendaient encore qu’on les réveille à l’occasion des élections jumelées.
Et pourtant, les fondations de la course ont été discrètement remodelées. Le 27 juin dernier, tel un décret tombé dans l’ombre, de nouveaux critères de participation ont été publiés au Journal Officiel. Des conditions qui redessinent le terrain de jeu, comme un vent qui changerait la direction de la poussière sans que personne ne lève les yeux.
Mais où sont les partis, les affiches, les foules, les discours enflammés ? Certains diront que la flamme prend parfois du temps à jaillir, d’autres, plus cyniques, évoqueront une course dont les règles restent floues pour les coureurs eux-mêmes. À croire que le pays attend encore un signal, un gong, une étincelle pour que la plaine s’anime et que la compétition démarre vraiment.
Dans cette attente étrange, le peuple regarde, silencieux mais attentif. Il sait que le rendez-vous est inscrit, que la démocratie, même lorsqu’elle chuchote, porte toujours une voix qu’il faudra écouter.
Reste à savoir si le silence actuel des élections jumelées est celui d’une stratégie en gestation, ou le prélude d’une campagne en apnée. Une chose est sûre : le 27 septembre, l’urne parlera. Et d’ici là, les candidats n’auront plus le luxe du mutisme.
Par Darlyck Ornel Angwe, journaliste stagiaire


























