Le vendredi 8 mai 2026, le Gabon a posé un acte décisif. La ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a officiellement lancé le programme École Zen. La cérémonie s’est tenue au lycée public d’Alenakiri, à Owendo. Ce dispositif national cible les violences en milieu scolaire. Le Gabon répondait à une crise profonde dans ses établissements. Ce programme s’inscrit dans une réforme éducative globale et ambitieuse.
Une coalition nationale et internationale mobilisée
Ce lancement a réuni plusieurs partenaires stratégiques. L’Observatoire Chrétien pour la Paix (OCP) et l’Alliance Internationale des Aumôniers des Forces de l’Ordre (AIA-FO) étaient présents. L’UNICEF apportait son soutien institutionnel. Ensemble, ces acteurs forment un front commun contre la violence scolaire. Le proviseur Toung Pamphile a accueilli avec fierté cette délégation de haut niveau.
« Notre satisfaction de vous recevoir se situe à deux niveaux… La sécurité émotionnelle et psychologique dont l’objectif est de sécuriser l’élève et l’enseignant », a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’urgence d’une orthodoxie pédagogique rigoureuse.
L’enfant au cœur de la stratégie
École Zen place résolument la jeunesse au premier plan. La coordinatrice adjointe, Dr Mouguiama Rose Marlène, a exposé les ambitions du projet. « Les enfants seront placés au cœur de la stratégie. Ils seront eux-mêmes à l’origine de leur émancipation à travers des sensibilisations, des formations, des programmes sociaux éducatifs qui vont aider ces jeunes à pouvoir s’intégrer dans la société », a-t-elle affirmé.

Cette approche participative renforce l’autonomisation des élèves. Elle les responsabilise face aux défis du vivre-ensemble. Des ateliers pratiques viendront compléter les formations proposées.
L’OCP-AIA-FO porte un message de paix
Le Révérend Max Alexandre Ngoua, coordinateur général de l’OCP et responsable sous région Afrique centrale de l’AIA-FO, a interpellé les jeunes. Son discours associait spiritualité et engagement civique. « Le message que nous sommes venus apporter aux élèves ici présents, c’est davantage un message de paix… Cette jeunesse doit davantage être volontaire pour écraser le monstre », a-t-il affirmé avec conviction.
Son intervention appelait chaque élève à résister à la haine et à la jalousie. L’école doit rester un sanctuaire de paix d’où l’École Zen.
L’UNICEF tire la sonnette d’alarme
Les chiffres sont éloquents. Plus de 5 000 actes de violence ont été enregistrés dans les écoles gabonaises en 2023. Ce bilan alarmant interpelle l’ensemble de la société gabonaise. La représentante résidente de l’UNICEF Gabon, Dr Marie-Reine Chirezi Fabry, a insisté sur l’urgence. « Un enfant qui ne se sent pas en sécurité ne peut pas penser et construire son avenir. C’est tout le sens du programme École Zen qui est lancé aujourd’hui », a-t-elle affirmé.
La ministre annonce une rupture stratégique

La ministre Camélia Ntoutoume Leclercq a ouvert son discours avec une citation de Victor Hugo : « Il n’y a point d’école qui vaille sans la paix du cœur et la sûreté des lieux. » Elle a ensuite dévoilé la vision gouvernementale. « Le programme École Zen incarne une rupture stratégique. Il traduit la volonté du gouvernement d’abandonner les approches isolées au profit d’une démarche globale, préventive et intégrée mobilisant l’ensemble des départements ministériels et la société civile pour un impact durable« , a-t-elle déclaré.
Une caravane nationale en marche
Ce lancement inaugure une caravane itinérante. Elle s’étendra progressivement à tous les collèges et lycées du pays. Chaque établissement pourra ainsi bénéficier de cet accompagnement éducatif. L’ambition est claire : transformer durablement le climat scolaire gabonais. École Zen s’annonce comme un tournant majeur pour l’éducation nationale.


























