Le Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA), rendez-vous incontournable de la scène musicale africaine, poursuit sa tradition d’ouverture culturelle en invitant chaque année un pays à partager le meilleur de son patrimoine artistique. Après la Guinée en 2025, c’est le Gabon qui a été mis à l’honneur lors de cette édition 2026, offrant au public ivoirien une immersion dans ses rythmes, ses voix et ses savoir-faire.
Une prestation marquante de Pierre Claver Akendengue
La présence du patriarche Pierre Claver Akendengue a constitué l’un des temps forts du festival. À 83 ans, l’artiste, mal-voyant et se déplaçant avec difficulté, a livré un spectacle d’une rare intensité. Assis sur scène durant une heure trente, il a offert une performance poétique, nourrie de funk bantou et de chants enracinés dans la mémoire collective. Plus qu’un concert, ce fut une leçon de résilience et de transmission, rappelant que la musique demeure un vecteur essentiel de l’identité africaine.
Une nouvelle génération d’artistes gabonais
Le FEMUA n’a pas seulement célébré une figure emblématique : il a également permis de découvrir la nouvelle génération d’artistes gabonais.
Sur la scène de l’Institut français, les musiciens ont alterné entre musiques urbaines contemporaines et rythmes traditionnels de la forêt. Ainsi, ils illustrent la richesse et la pluralité de la création gabonaise.
Par ailleurs, cette programmation faisait écho à la prestation d’Angèle Assélé.
Elle avait ouvert le festival à l’INJS, confirmant ainsi la volonté du FEMUA de conjuguer héritage et modernité.
Une vitrine de l’innovation culturelle gabonaise
Au-delà des concerts, le FEMUA est aussi un espace de valorisation culturelle. Le pavillon du Gabon a regroupé artisans et créateurs, offrant une vitrine de l’innovation locale. La styliste Rhim s’est distinguée par ses modèles de haute couture mariant raphia et motifs peints, démontrant que l’artisanat gabonais peut dialoguer avec les codes de la mode internationale. Ses créations, à la croisée de la tradition et de la modernité, auraient sans doute leur place sur les podiums européens.
Un outil de diplomatie culturelle africaine
L’invitation du Gabon au FEMUA illustre la dimension diplomatique du festival. Au-delà de la musique, il s’agit de renforcer les liens entre nations africaines par la culture.
Le FEMUA donne la parole à des artistes confirmés et émergents du continent africain.
Il favorise la circulation des imaginaires et la reconnaissance des identités plurielles africaines
Un carrefour culturel en pleine affirmation
Avec cette édition, le festival confirme son rôle de carrefour culturel africain, où se rencontrent mémoire, innovation et dialogue. Le Gabon, par la voix de ses artistes et la créativité de ses artisans, a montré qu’il demeure un acteur majeur de la scène culturelle africaine.


























