Le référendum constitutionnel prévu au Gabon pour le 16 novembre prochain sera marqué par une innovation notable dans les modalités de vote. Le ministère de l’Intérieur a récemment annoncé, à travers un erratum publié dans le quotidien L’Union, un changement significatif concernant la présentation des bulletins de vote. Alors que la première version du projet de décret présenté par le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, au Conseil des ministres du 17 octobre, prévoyait des bulletins blancs, l’administration a finalement opté pour des bulletins colorés pour la Constitution, le OUI pour le vert et le rouge pour le NON.
Ainsi, les électeurs gabonais devront choisir entre un bulletin vert pour exprimer leur approbation de la nouvelle Constitution, et un bulletin rouge pour manifester leur opposition. Ce changement de dernière minute a été justifié par le ministère comme une mesure visant à simplifier le processus de vote et à minimiser le risque de confusion au moment de l’expression des suffrages.
L’initiative de colorer les bulletins n’est pas anodine. Dans le contexte d’un référendum, où la clarté du choix des citoyens est primordiale, les couleurs peuvent jouer un rôle déterminant. Le vert, souvent associé à l’acceptation, à la continuité et à l’espoir, a été judicieusement sélectionné pour symboliser le « OUI ». Le rouge, quant à lui, couramment perçu comme la couleur du refus ou de l’alerte, représentera logiquement le « NON ». Cette codification chromatique a pour objectif d’assurer une transparence maximale et une lisibilité immédiate des résultats.
Il est à souligner que cette décision intervient dans un contexte politique et social sensible, où la question de la réforme constitutionnelle soulève des débats intenses au sein de la population. La nouvelle Constitution, soumise au vote, propose des réformes de grande ampleur qui pourraient influencer durablement le paysage institutionnel et politique du Gabon.
L’absence de bulletins blancs ou nuls dans ce scrutin témoigne de la volonté des autorités de ne pas offrir d’alternative qui pourrait diluer le résultat final. Ce choix force ainsi chaque électeur à prendre une position nette et sans ambiguïté : soit soutenir la nouvelle Constitution, soit la rejeter.
Le 16 novembre 2024, les citoyens gabonais seront donc appelés à se prononcer sur un texte de la future Constitution qui pourrait redéfinir les fondements de leur système politique, et ce, à travers un geste aussi simple qu’éclairé : déposer dans l’urne un bulletin vert ou rouge.


























