Après avoir été écartés de la rencontre du 7 mai au Palais présidentiel, plusieurs partis politiques non reconnus ou en attente de légalisation ont officialisé leur regroupement sous une nouvelle bannière : Le Destin National (LDN). Ce collectif, qui rassemble plus de 43 formations politiques, a tenu son assemblée inaugurale le samedi 10 mai 2025, au siège du Front National pour la Réfondation du Gabon (FNRG), à Nzeng Ayong, dans le 6ᵉ arrondissement de Libreville.
L’exclusion des partis non reconnus de la rencontre avec le président Brice Clotaire Oligui Nguema a suscité un profond mécontentement au sein de ces formations. Pour beaucoup, cette mise à l’écart constitue une injustice flagrante et une entrave à une représentation inclusive du paysage politique national. Plusieurs dirigeants estiment que cette rencontre aurait dû inclure toutes les forces politiques, afin d’assurer un débat équilibré sur la réforme des partis.
Face à cette situation, les membres du LDN revendiquent leur existence et leur légitimité politique, à l’heure où une nouvelle loi prévoit une réduction drastique du nombre de formations autorisées dans le pays. Ils entendent se structurer et peser dans le débat national.
« Le Destin national milite activement pour la défense de la démocratie. Je tiens à remercier les présidents et militants engagés dans ce combat. Vive la cinquième république, vive le LDN, pour que vive le Gabon !» a déclaré Christian N’nang Nsome, président du Mouvement pour la Grandeur du Gabon (MGG) et porte-parole du collectif.
De son côté, Sosthène Moubamba Moubamba, président fondateur du Fnrg, a dénoncé une injustice persistante :
« Nous ne sommes pas l’opposition. Le 7 mai, nous avons été ignorés, alors que nous avons fourni un travail considérable. Nous voulons démontrer au chef de l’État que notre présence est réelle. Certains partis légalement constitués existent depuis 30 ans sans jamais avoir participé à une élection ! »
Déterminé à s’imposer sur l’échiquier politique, le LDN entend respecter le cadre légal tout en préparant son entrée dans la compétition électorale. Parmi les premières initiatives, le collectif prévoit :
– La signature d’une charte commune ;
– Une campagne d’adhésion nationale;
– L’investiture de candidats aux élections législatives, locales et sénatoriales ;
– La création de l’Observatoire gabonais des partis politiques (Ogpp).
Au-delà de ses revendications, Le Destin national se veut une force de proposition, prônant une réorganisation du paysage politique autour de trois pôles :
1. Un parti au pouvoir ;
2. Un parti d’opposition;
3. Un parti centriste.
L’émergence du Destin national marque une étape significative dans le débat politique gabonais. Déterminé à faire entendre sa voix, ce collectif entend s’imposer comme un acteur incontournable des prochaines réformes. Reste à savoir dans quelle mesure ces revendications seront prises en compte, et si cette mobilisation parviendra à influer sur l’avenir du système politique gabonais.










































