Le Gabon et le Congo, les pays les plus endettés de la zone CEMAC, continuent d’afficher des niveaux préoccupants de dette extérieure, malgré une tendance générale au désendettement dans la région. Selon le rapport de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) publié en décembre 2024, l’endettement extérieur global des pays membres diminue, mais cette dynamique ne bénéficie pas uniformément à toutes les économies. Si certains États réduisent leur dépendance aux financements extérieurs, d’autres, à l’image du Gabon et du Congo, restent confrontés à des ratios d’endettement élevés.
Le service de la dette extérieure, qui mesure la part des recettes d’exportation consacrée au remboursement des emprunts, illustre cette contrainte croissante. Il est passé de 10 % en 2022 à 13 % en 2023, avec une estimation de 14 % pour 2024. Cette augmentation traduit une pression budgétaire accrue, limitant les capacités d’investissement et de développement des pays les plus touchés.
Dans ce contexte, la Guinée équatoriale et le Tchad apparaissent comme des exceptions, avec des taux d’endettement relativement bas, respectivement de 11,6 % et 13,9 % du PIB. Le Cameroun, de son côté, poursuit son désendettement en ramenant son ratio de 31,3 % en 2022 à 26,1 % en 2024, illustrant une meilleure maîtrise de sa gestion budgétaire.
À l’inverse, le Gabon et le Congo, les pays les plus endettés de la zone CEMAC, affichent des ratios préoccupants. Le Congo détient le niveau d’endettement extérieur le plus élevé, avec 35,5 % de son PIB en 2024, contre 39,4 % en 2023. Ce léger recul ne suffit pas à dissiper les inquiétudes, d’autant que le pays reste vulnérable aux fluctuations des revenus pétroliers. Le Gabon suit de près, avec une dette extérieure représentant 30,9 % de son PIB, limitant sa marge de manœuvre économique.
Ainsi, malgré une tendance générale à la réduction de la dette, le Gabon et le Congo, les pays les plus endettés de la zone CEMAC, peinent à inverser durablement la courbe. L’augmentation du poids du service de la dette sur les recettes d’exportation souligne la nécessité d’une stratégie plus rigoureuse de gestion financière afin d’assurer une stabilité économique durable dans la région.


























