Maroua, Cameroun – 7 octobre 2025. L’allocution de l’honorable Cavaye Yeguié Djibril, président de l’Assemblée nationale, lors du meeting du président Paul Biya à Maroua, a laissé une impression de profonde consternation. À 85 ans et après 33 ans à la tête du perchoir, ses propos ont été jugés « incompatibles » et « pathétiques », alimentant les inquiétudes sur la présence de dirigeants vieillissants aux fonctions cruciales au Cameroun.
Les extraits de son discours, où il semble encourager les élèves à fréquenter les bars plutôt que les écoles, et où il évoque l’achat de fournitures scolaires avant de s’interrompre pour appeler à chanter, ont sidéré l’assistance et les observateurs. La suggestion d’envoyer les enfants dans des « chefs-lieux de boissons de bil-bil », sous prétexte que « le bil-bil fait tourner la tête », a été perçue comme une proposition irresponsable et déconnectée des réalités éducatives et sociales du pays. Ces déclarations, faites en présence du chef de l’État, soulèvent des interrogations sur la lucidité et la pertinence des propos tenus par des responsables censés incarner la stabilité et la vision du pays.
Ce discours, qualifié d’« hallucinant » de Cavaye Djibril, met en lumière un problème persistant au Cameroun : celui d’une classe dirigeante vieillissante qui semble déconnectée des préoccupations actuelles. La crainte palpable est que le pays « suffoque » sous le poids de décisions potentiellement malavisées, prises par des individus dont la capacité à diriger et à anticiper les défis futurs est remise en question. La scène, où le président de l’Assemblée nationale semble parfois perdre le fil de ses pensées, a accentué le sentiment d’une gouvernance vacillante.
Devant un tel spectacle, la question lancinante résonne avec acuité : « Seigneur, où va le Cameroun ? ». L’incompatibilité flagrante entre les responsabilités de Cavaye Yeguié Djibril et la teneur de ses propos est le symptôme d’une crise de leadership plus profonde. Elle appelle à une réflexion urgente sur le renouvellement des élites et sur la nécessité d’avoir des dirigeants en phase avec les enjeux du XXIe siècle pour assurer un avenir plus prometteur au Cameroun.
Par Yann Yorick Manfoumbi


























