Gabon – Le ministère de l’Éducation nationale subit une crise majeure, marquée par un absentéisme massif et endémique qui fragilise la crédibilité de l’administration publique gabonaise. Un rapport interne accablant révèle que 756 agents sont actuellement en situation irrégulière, s’étant soustraits à leurs obligations professionnelles pour diverses raisons, allant de permissions médicales prolongées à des séjours prolongés à l’étranger, selon des informations tirées de Gabon 24 et publiées sur le compte officiel Facebook du ministère de l’Éducation.
La situation atteint des sommets d’absurdité, avec des enseignants ayant déserté leurs postes depuis plusieurs années, voire des décennies. Le cas le plus frappant concerne une enseignante absente depuis 1998, invoquant de prétendues « raisons familiales ». Plus préoccupant encore, il semblerait qu’une partie de ces agents indélicats continue de percevoir son salaire indûment, alors qu’ils résident hors du territoire gabonais, que ce soit en Afrique, en Europe, en Amérique ou même en Asie. Les responsables du ministère qualifient cette « dérive intolérable » de « fardeau pour l’État », s’interrogeant sur la légitimité de financer des fonctionnaires fantômes résidant à l’étranger dans un contexte d’absentéisme massif jamais observé à ce niveau.
Face à ce constat alarmant qui plombe la gestion des ressources humaines, la ministre de la Fonction publique a pris des mesures résolues. Des instructions fermes ont été transmises : chaque agent absent devra impérativement justifier sa situation auprès de sa hiérarchie. Une opération d’envergure visant à assainir le fichier du personnel est en cours, menée en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale. L’objectif est clair : rétablir la discipline administrative, optimiser la gestion des effectifs et, à terme, libérer des postes pour de nouveaux recrutements. Près de 2 000 dossiers d’intégration sont actuellement en attente au ministère, soulignant le besoin criant de personnel qualifié et présent, face à un absentéisme massif qui bloque la dynamique de l’enseignement public.
Cette initiative est largement saluée comme un signal fort de rigueur et de transparence. Elle témoigne de la volonté gouvernementale de mettre un terme aux abus qui gangrènent la fonction publique et de restaurer la confiance des citoyens envers leurs institutions. En s’attaquant de front à l’absentéisme massif, le gouvernement gabonais espère redonner ses lettres de noblesse à l’administration et garantir que les ressources publiques soient utilisées de manière efficiente et responsable.
Par Yann Yorick Manfoumbi


























