Le cinéma africain vient de franchir un tournant spectaculaire. Ben’Imana, premier long-métrage de la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo, a remporté la Caméra d’or à Cannes. Ce prix couronne le meilleur premier film de toutes sections confondues. Ainsi, le film décroche simultanément le Prix Fipresci, décerné par la critique internationale. Un doublé rarissime propulse le tandem Gabon-Rwanda au cœur de la carte mondiale du cinéma.
Une œuvre qui interroge et bouleverse
Sur les marches du Palais, l’équipe du film a savouré un moment qui dépasse la simple reconnaissance artistique. Ben’Imana n’est pas seulement un premier film : c’est une œuvre dense. Elle interroge les cicatrices du Rwanda post-génocide, les tribunaux populaires, les survivances du trauma collectif. De surcroît, la mise en scène d’une maturité saisissante a surpris jusqu’aux observateurs les plus aguerris. La Caméra d’or, remise par Monia Chokri, consacre une cinéaste dont la voix s’annonce durable et incontournable.
Une critique internationale unanime
Le Prix Fipresci confirme l’ampleur du phénomène. Les critiques internationaux, rarement unanimes, ont salué un film qui force à regarder autrement. Par conséquent, ce double sacre installe Ben’Imana dans la catégorie des œuvres qui marquent une décennie. Il inscrit également le Gabon dans une dynamique nouvelle, celle d’un pays qui impose désormais ses récits et ses ambitions au cinéma mondial.
Un modèle de production souverain
Au cœur de cette réussite se trouve la Gabonaise Samantha Biffot, coproductrice via Princess M Productions. Avec sa partenaire rwandaise, elle a bâti un modèle de production inédit. Plus de 80 % du financement a été levé localement, avec une gouvernance artistique entièrement africaine. En outre, le projet assume un refus des dépendances traditionnelles envers les capitaux du Nord. Ce film est donc la preuve qu’une production souveraine et structurée est pleinement possible.
Un moment historique pour le Gabon
L’Institut gabonais de l’image et du son a salué un moment historique qui hisse le pays au sommet du festival le plus prestigieux du monde. Pour la première fois, le Gabon figure dans le palmarès officiel de Cannes. Désormais, la Croisette n’oubliera pas ce nom.


























