La récente débâcle du Gabon lors du concours d’agrégation du CAMES à Dakar, où zéro candidat a été admis, pose une question troublante : comment un pays autrefois reconnu pour ses performances académiques a-t-il pu sombrer dans une telle humiliation ? Ce constat, qui va bien au-delà d’un simple échec, met en lumière des dysfonctionnements systémiques au sein de l’université gabonaise, révélés au grand jour par le CAMES.
L’élimination immédiate de tous les candidats gabonais dès les épreuves de travaux témoigne d’un malaise profond. Il ne s’agit pas seulement d’une question de compétence individuelle, mais bien d’une critique acerbe de la structure éducative. Les candidats n’ont pas été préparés adéquatement pour répondre aux exigences contemporaines. En effet, le concours, qui a regroupé 215 candidats issus de 12 pays avec un taux d’admission de près de 40 %, souligne que le Gabon n’était pas en marge ; il était simplement dépassé, comme l’a confirmé le CAMES.
Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’elle survient à une époque où le pays devrait capitaliser sur ses ressources humaines et intellectuelles. Le Rectorat de l’Université Omar Bongo, conscient de cette crise, a convoqué une réunion de crise. Pourtant, il est essentiel que cette prise de conscience ne demeure pas un simple constat. Les questions soulevées par cet échec sont multiples : comment l’encadrement doctoral a-t-il pu faillir ? Qu’en est-il de la qualité de la recherche et de l’exigence académique dans un système qui semble privilégier le quantitatif au détriment du qualitatif ?
Le malaise est également politique avec cet échec au CAMES. En tant que nation, le Gabon doit s’interroger sur les raisons d’un tel effondrement. La gouvernance universitaire, qui devrait constituer un pilier de l’excellence, semble avoir échoué à créer un environnement propice à la formation de chercheurs compétents et innovants.
La question n’est donc pas seulement de savoir combien de temps le Gabon pourra vivre sur ses lauriers passés, mais surtout comment il peut se réinventer pour retrouver sa place sur la scène académique régionale. Ce défi exige une réflexion profonde et des réformes audacieuses afin de redonner au système éducatif gabonais la crédibilité qu’il mérite.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi












































