Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo, a été conduit d’urgence à l’hôpital militaire d’Akanda dans la nuit du 12 juin, quelques heures avant la réouverture de son procès devant la Cour criminelle spéciale. Incarcéré depuis fin 2019, il souffre d’un cancer colorectal et aurait fait une rechute sévère.
Selon Gabon Review, « il a fait une grosse rechute qui s’est manifestée par des saignements ». Depuis plusieurs mois, son état de santé est préoccupant, aggravé par les rudes conditions de détention et les multiples allers-retours imposés par son agenda judiciaire. Ses proches rapportent qu’il a été placé en soins intensifs, où les médecins travaillent à stabiliser son état.
Les circonstances de cette hospitalisation soulignent les tensions entre les exigences judiciaires et la santé défaillante de l’accusé. « Il n’a pas pu suivre correctement son traitement », regrette une source proche, attribuant cette situation à un manque d’humanité de la justice gabonaise. Depuis quatre ans, Brice Laccruche Alihanga aurait perdu une trentaine de kilos en prison, souffrant des conséquences physiques et psychologiques de son incarcération.
Malgré ces épreuves, ses proches louent son courage et sa détermination à se défendre devant la justice, même au prix de sa santé. « Malgré son état de santé qui s’est fortement dégradé, M. Laccruche, en dépit des mises en garde de ses médecins, a tenu à participer à ses différents procès. Ce qui prouve qu’il n’entend pas fuir ses responsabilités, tout en défendant son honneur face aux accusations », souligne un de ses proches.
Cette situation met en lumière les conditions difficiles auxquelles font face les détenus atteints de maladies graves dans le système pénitentiaire gabonais. La justice est accusée d’avoir manqué de compassion, en forçant Brice Laccruche Alihanga à assister à ses procès malgré son état de santé alarmant nécessitant une urgence. Ses avocats avaient d’ailleurs qualifié le processus judiciaire de « parodie de procès » et avaient quitté la salle en signe de protestation la semaine précédente.
La réouverture de son procès, prévue pour le 12 juin, semble désormais incertaine. La santé fragile de Brice Laccruche Alihanga pose des questions cruciales sur l’équilibre entre les procédures judiciaires et les droits humains, notamment le droit à la santé. Ce cas interpelle sur la nécessité d’une réflexion approfondie sur le traitement des détenus malades dans le système judiciaire gabonais.


























