À l’approche de l’élection présidentielle du 22 avril, Brice Clotaire Oligui Nguema a pris les rênes du Parti démocratique gabonais (PDG), s’assurant ainsi une base politique solide. Lors du 13ᵉ congrès extraordinaire du parti, tenu le 30 janvier à Libreville, une nouvelle direction a été mise en place, marquant une rupture avec l’ancienne garde fidèle à Ali Bongo.
« La composition du directoire (11 membres) a été minutieusement orchestrée par Oligui Nguema », souligne Afrique Intelligence. Dans cette redistribution des rôles, Blaise Louembé, ancien ministre des Finances sous Omar Bongo et ministre de la Jeunesse et des Sports sous Ali Bongo, a été désigné président du parti. Cette nomination ne doit rien au hasard : originaire de l’Ogooué-Lolo, province historique du PDG, il incarne une certaine légitimité au sein de l’appareil politique.
Le choix des autres figures clés confirme la volonté d’Oligui Nguema d’équilibrer les forces en présence. Paul Biyoghe Mba, ex-Premier ministre et membre influent de la communauté Fang, hérite de la première vice-présidence, tandis que Angélique Ngoma, originaire de la Nyanga, prend le poste stratégique de secrétaire générale. « Ces personnalités, ralliées au camp Oligui Nguema, offrent au chef de la transition un appareil politique aguerri en vue de la présidentielle », analyse Afrique Intelligence.
Une fronde interne menée par les fidèles d’Ali Bongo
Toutefois, cette refonte du PDG n’est pas sans heurts. Dès le 31 janvier, une faction dissidente a contesté ces nominations, dénonçant une prise de contrôle autoritaire du parti. À la tête de ce mouvement, Francis Nkea Ndzigue et Ali Akbar Onanga Y’Obegue, deux anciens ministres du président déchu, se posent en garants de l’héritage d’Ali Bongo.
Selon eux, « l’éviction d’Ali Bongo s’est faite en violation des règles internes du parti ». Pour affirmer leur opposition, ils ont désigné Onanga Y’Obegue comme secrétaire général d’un PDG dissident, assisté de trois secrétaires généraux adjoints : Arthur Benga Ndjeme, Noé Mesmin Kondodo et Sylvestre Zue Ndoutoumou.
Un PDG divisé à l’aube de la présidentielle
Cette scission pourrait fragiliser le PDG à l’approche du scrutin. Les dissidents, farouchement opposés à Oligui Nguema, se tournent vers Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre d’Ali Bongo et leader du mouvement Ensemble pour le Gabon. Ce dernier, en tournée diplomatique en France, « devrait officialiser sa candidature à la mi-février » et entend incarner une alternative à la transition en cours.
Dans ce contexte, le PDG, autrefois hégémonique, apparaît comme une formation en recomposition, tiraillée entre sa volonté de servir de socle à Oligui Nguema et les velléités de résistance de ses anciens cadres. La présidentielle s’annonce comme un test crucial pour mesurer l’influence réelle du parti et la capacité du chef de la transition à canaliser ses dissensions internes.


























