Au royaume du Bénin, un vent rare souffle depuis la Marina : Patrice Talon, l’homme du coton devenu président, choisit de plier le manteau du pouvoir après deux mandats, sans tenter de recoudre à sa taille la robe de la Constitution. Dans un continent où certains s’agrippent au trône comme un vieil arbre refuse de lâcher ses feuilles, Talon s’en va, droit et digne, laissant derrière lui un sillage d’honneur.
Un ancien proverbe dit : « Quand le tambour a fini de résonner, il faut savoir poser les baguettes ». Patrice Talon a compris que la vraie grandeur d’un chef ne réside pas dans la longueur de son règne, mais dans la sagesse avec laquelle il sait dire « assez ». Là où d’autres préfèrent briser la clef de la République pour rallonger leur festin politique, lui choisit de fermer la porte sans bruit, offrant une leçon d’humilité et de respect des règles du jeu.
Dans les palabres des vieux fromagers de Lambaréné, on aime rappeler que « celui qui veut boire toute l’eau de l’Ogooué finira par s’y noyer ». Talon a su s’arrêter avant l’ivresse du pouvoir, refusant de sculpter une Constitution sur mesure. Son geste résonne comme un tam-tam au loin, appelant les autres chefs d’État du continent à entendre que l’alternance n’est pas un naufrage, mais un passage de témoin pour que le village continue d’avancer.
À ceux qui croient qu’il faut réinventer la roue pour se refaire une santé politique, Talon répond par l’exemple : la roue tourne d’elle-même. Laisser un pays debout, une démocratie respirante et une image de leader respecté vaut bien plus qu’un troisième mandat arraché au forceps.
Et comme dit la sagesse béninoise : « Le chef qui sait partir laisse derrière lui un trône plus solide que l’or ». En quittant le pouvoir par la grande sœur porte, Patrice Talon ne ferme pas seulement un chapitre, il écrit un proverbe vivant pour toute l’Afrique.
Par Darlyck Ornel Angwe


























